Italie : le président donne aux partis jusqu'au 27 août pour s'entendre sur une majorité

Italie : le président donne aux partis jusqu'au 27 août pour s'entendre sur une majorité© Vincenzo PINTO Source: AFP
Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio.

En chute dans les sondages, le Mouvement 5 Etoiles veut tout faire pour éviter un retour aux urnes. Quitte à former une coalition avec ses ennemis d'hier, le Parti démocrate. Le président leur a laissé jusqu'au 27 août pour trouver un accord.

La crise politique se poursuit en Italie, où le président Sergio Mattarella a décidé de donner jusqu'à 27 août aux formations politiques pour former une nouvelle majorité. «Certaines forces m'ont demandé de vérifier [la possibilité d'une majorité au Parlement]», a fait savoir Sergio Mattarella pour justifier ce délai supplémentaire, au terme de deux jours de consultations avec l'ensemble des groupes parlementaires. 

En l'occurrence, le Mouvement 5 Etoiles (M5S) a donné mandat à ses dirigeants pour négocier avec le Parti démocrate (PD, centre-gauche) en vue d'un accord de coalition. Une idée déjà soulevée il y a quelques jours par l'ancien Premier ministre italien Matteo Renzi (PD), pourtant honni des partisans du M5S.

Si une telle alliance paraît contre-nature à première vue, les options sont limités pour un M5S en chute libre dans les sondages, et qui entend rester au pouvoir sans avoir à passer par les urnes. «[Il y a] encore tant de choses à réaliser», a ainsi glissé son chef Luigi Di Maio, signant de fait un virage dans la courte histoire du parti populiste, né du rejet de la vieille classe politique et des habitudes de cette dernière de s'accrocher au pouvoir coûte que coûte.

Le Parti démocrate de Nicola Zingaretti l'a bien compris et a posé cinq conditions «non négociables» à une éventuelle union avec le M5S, à savoir «une appartenance loyale à l’Europe», le respect de la «centralité du Parlement», une croissance respectueuse de l’environnement, un changement de cap radical dans la gestion des migrations et un virage économique vers davantage de redistribution et d’investissements.

De son côté, Luigi Di Maio a mis en avant 10 propositions, insistant notamment sur la réduction du nombre de parlementaires (à 600 contre 950, un record en Europe), qui attend d'être adoptée en dernière lecture au parlement, mais aussi la mise en place d'un «budget équitable» avec l'instauration du salaire minimum ainsi que des aides aux familles, des baisses d'impôts pour les entreprises et un plan d'investissement pour le Sud. Si il est encore trop tôt pour savoir si un accord sera possible, le patron du PD Nicola Zingaretti, a estimé que les propositions des deux partis faisaient «émerger un cadre qui permet[tait] à coup sûr de commencer à travailler».

Pour Salvini, «la voie royale, c'est celle des élections»

Avant le M5S, Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue, était monté au palais présidentiel du Quirinal pour réitérer son exigence d'élections immédiates : «la voie royale ne peut pas être celle de jeux de pouvoirs, de manœuvres de palais, c'est celle des élections.»

L'ancien homme fort du gouvernement italien, qui a fait exploser la coalition M5S-Ligue en demandant des élections anticipées, entend pour sa part capitaliser sur le forte montée en popularité de son parti, crédité de 36 à 38% des voix dans les sondages.

Coalition improbable ou retour aux urnes, l'incertitude dans cette crise politique est toujours aussi forte mais le temps presse. Le président Sergio Mattarella a ainsi tenu à souligner qu'il était nécessaire de prendre une décision rapidement «dans l'intérêt du pays». Il a toutefois averti qu'il donnerait son feu vert uniquement à un exécutif «capable d'obtenir la confiance» du Parlement, avec une majorité solide, «autour d'un programme de gouvernement» précis.

Une option qui a ses faveurs car à défaut il n'y aurait plus d'alternative à un retour immédiat aux urnes, or le scrutin tomberait au milieu de l'élaboration du budget 2020 de la troisième économie de la zone euro, endettée et en panne de croissance.

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