Espagne : deux ans après, la «Meute» condamnée à 15 ans de prison pour viol

- Avec AFP

Espagne : deux ans après, la «Meute» condamnée à 15 ans de prison pour viol © Marcelo Del Pozo Source: Reuters
Jose Angel Prenda (à gauche) et Alfonso Jesus Cabezuelo, membres du groupe connu sous le nom de La Manada ("La meute de loups"), sortent d'un tribunal de Séville, en Espagne, le 21 juin 2019.

Les faits remontent à 2016, et le feuilleton judiciaire qui en a découlé avait suscité des manifestations monstres en Espagne : cinq hommes impliqués dans le viol d'une jeune femme de 18 ans ont été condamnés à 15 ans de prison.

La plus haute instance judiciaire espagnole a alourdi, à 15 ans de prison, les condamnations prononcées contre les cinq hommes qui constituent le groupe surnommé la «Meute», en requalifiant les faits en «viol». Cette affaire, véritable feuilleton juridique en Espagne, avait été le détonateur d'une importante mobilisation féministe l'an dernier.

Ces cinq hommes, qui se surnommaient la «Meute», avaient violé collectivement une jeune fille de 18 ans en juillet 2016 à Pampelune (nord de l'Espagne), en pleines fêtes de la San Firmin. Moins d'un quart d'heure après l'avoir rencontrée ivre, ils lui avaient fait enchaîner fellations et rapports sans préservatifs dans l'entrée d'un immeuble, avant de voler son téléphone et de la laisser à moitié nue. S'en vantant sur un groupe WhatsApp, les cinq hommes avaient diffusé des images de leurs actes. 

Leur condamnation en première instance, en avril 2018, à neuf ans pour abus sexuel - et non pour viol - et leur remise en liberté provisoire avaient entraîné d'énormes manifestations à travers le pays.

Cette peine avait été confirmée en décembre par une juridiction d'appel qui avait estimé qu'il n'y avait pas eu de violence et qu'il était trop difficile de déterminer s'il y avait eu intimidation, les deux conditions nécessaires pour conclure au viol, selon le Code pénal espagnol.

La Cour suprême a cassé ces deux décisions de justice en considérant que les faits «ne pouvaient constituer un délit d'abus sexuel» et étaient bien constitutifs d'un «viol». Décrivant un «authentique scénario d'intimidation», les cinq magistrats, dont deux femmes, ont souligné qu'«à aucun moment la victime n'avait consenti aux actes sexuels commis par les accusés».

L'un des accusés a en outre été condamné à deux ans supplémentaires pour avoir volé le téléphone portable de la victime.

Cette décision de la Cour suprême va entraîner l'incarcération des accusés, qui étaient jusqu'alors en liberté provisoire. Les cinq hommes - qui avaient déjà passé près de deux ans en détention provisoire - ont été arrêtés après l'énoncé de cette décision définitive, selon la police.

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