Iran : le président du Parlement accuse Macron de tenir un double discours

Iran : le président du Parlement accuse Macron de tenir un double discours© Osman Orsal Source: Reuters
Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, tient une conférence de presse à Istanbul le 22 janvier 2015.

Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a vivement critiqué des récents propos d’Emmanuel Macron sur l’Iran. Ce dernier et son homologue américain Donald Trump avaient affiché le 6 juin une certaine convergence de vue sur le dossier iranien.

Coup de froid sur les relations entre Paris et Téhéran : Emmanuel Macron est accusé par le président du Parlement iranien de tenir un double discours à l’égard de l’Iran, en fonction de son interlocuteur. «Les récents propos du président français lors d'une rencontre avec Donald Trump étaient honteux et ineptes [...]. Les propos de Macron ne correspondaient pas à ce qu'il a dit à notre président [...] lors de leurs rencontres et au téléphone», a-t-il déclaré le 9 juin cité par les médias officiels iraniens.

Le 6 juin, lors sa dernière rencontre avec son homologue américain, le président de la République française avait listé des objectifs concernant le dossier iranien qui lui semblaient cruciaux, dont la réduction de l'activité balistique de l'Iran et la limitation de son influence régionale – ce dernier objectif étant, de fait, une rengaine de Washington. Emmanuel Macron avait ajouté un «quatrième objectif commun» à Paris et Washington : «La paix dans la région.» Pour parvenir à cela, il avait alors appelé à ouvrir de nouvelles négociations internationales.

«Je comprends qu'ils [les dirigeants iraniens] veulent parler, c'est très bien. Nous parlerons, mais une chose est sûre : ils ne peuvent pas avoir l'arme nucléaire et je pense que le président français serait entièrement d'accord avec moi», avait déclaré de son côté Donald Trump. «Nous voulons être sûrs qu'ils n'obtiennent pas l'arme nucléaire», avait alors abondé Emmanuel Macron, ajoutant toutefois que l'accord nucléaire signé à Vienne en 2015, décrié par Washington, permettait de parvenir à cet objectif.

Ratifié à Vienne en 2015, et validé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) prévoit une levée d’une partie des sanctions internationales visant la République islamique en échange de quoi celle-ci doit limiter son programme nucléaire. L'Iran s’est en outre engagé à ne jamais chercher à disposer de l’arme atomique. Le retrait des Etats-Unis de cet accord en mai 2018 a entraîné le rétablissement des sanctions américaines. Les pays du JCPOA membres de l'Union européenne (UE), mais aussi la Russie et la Chine, ont eux maintenu leur engagement dans l'accord.

La déclaration du président du Parlement iranien intervient alors que les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ont redoublé ces dernières semaines. Le 7 mai, lors d’une visite surprise à Bagdad, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait affirmé avoir en sa possession des informations révélant «une escalade des activités de l’Iran», qu’il accuse de préparer des «attaques imminentes» contre les forces armées américaine dans le Golfe Persique. Le Pentagone avait également signalé avoir envoyé plusieurs bombardiers B-52 dans la région ainsi que le porte-avions USS Abraham Lincoln.

De son côté, l’Iran a récemment menacé de s'affranchir progressivement de l'accord de Vienne si ses partenaires, notamment européens, ne l'aidaient pas à contourner les sanctions américaines.

Lire aussi : Nucléaire : l'Iran augmente ses stocks mais respecte l'accord de Vienne

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