Julian Assange arrêté par la police britannique et inculpé de «piratage» aux Etats-Unis (EN CONTINU)

Julian Assange arrêté par la police britannique et inculpé de «piratage» aux Etats-Unis (EN CONTINU)© Ruptly
Capture d'écran YouTube de Ruptly

Le lanceur d'alerte Julian Assange, réfugié depuis près de sept ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres, a été arrêté ce 11 avril par la police britannique après la révocation de son asile par Quito.

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  • Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, est détenu à la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, a révélé ce 11 avril à l'AFP une source judiciaire proche du dossier. Belmarsh est un établissement de haute sécurité pouvant accueillir 910 prisonniers, dont des détenus suscitant un fort intérêt médiatique, selon un rapport d'inspection de 2018.

    L'Australien de 47 ans a passé sa première nuit en détention, après avoir été arrêté à l'ambassade d'Equateur de Londres où il était réfugié depuis sept ans pour échapper à un mandat d'arrêt britannique suite à des accusations de viol et d'agression sexuelle en Suède, qu'il a toujours niées.

  • Le rapporteur de l'ONU sur la torture a déclaré ce 12 avril craindre que Julian Assange ne puisse pas bénéficier d'un «procès équitable» aux Etats-Unis, alors que la justice américaine demande son extradition pour «piratage informatique». Nils Melzer, qui est également professeur de droit international, estime aussi que l'Equateur n'a pas respecté les «droits procéduraux» du fondateur de WikiLeaks lors de son expulsion de l'ambassade équatorienne à Londres.

    «Nous avons de grandes inquiétudes, au sein de la communauté des défenseurs des droits humains, concernant les droits fondamentaux de Julian Assange. Nous sommes très inquiets de la manière dont ils seront respectés lorsqu'il sera éventuellement extradé vers les Etats-Unis», a déclaré Nils Melzer, dans une interview à l'AFP.

    «Ma principale préoccupation est qu'il puisse être extradé vers les Etats-Unis, où il s'agit d'un cas très politisé», a-t-il insisté, indiquant que «des normes très élevées doivent donc être demandées pour (...) qu'il puisse bénéficier d'un procès équitable». Nils Melzer a estimé que si Julian Assange était extradé aux Etats-Unis, il serait «exposé aux pratiques de détention en vigueur aux Etats-Unis», dont certaines sont «très problématiques».

    «De toute évidence, il s'agit d'une affaire impliquant la sécurité nationale et les Etats-Unis au cours de la dernière décennie ne se sont malheureusement pas révélés être un Etat sûr en ce qui concerne l'interdiction de la torture dans des affaires impliquant la sécurité nationale», a souligné l'expert suisse.

    Les Rapporteurs spéciaux de l'ONU sont mandatés par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, mais ils ne parlent pas au nom de l'ONU même s'ils reçoivent une aide logistique des Nations unies.

  • Sur le plateau du 7/9 de France Inter ce 12 avril, Amélie de Montchalin, nouvelle secrétaire d'Etat chargée des Affaires européennes, s'est exprimée sur la possibilité pour Julian Assange de bénéficier d'un asile en France. «Il faut d'abord écouter ce que veut faire Julian Assange [...], on a en Europe un cadre de protection des lanceurs d'alerte et je pense qu'il faut travailler juridiquement dans ce cadre [...]. Mais on n'offre pas l'asile à quelqu'un qui ne le demande pas», a-t-elle déclaré au micro d'Ali Baddou.

  • L'Equateur a arrêté le 11 avril une personne «proche» de Julian Assange accusée d'avoir «collaboré aux tentatives de déstabilisation du gouvernement» du président Lenin Moreno, selon la ministre de l'Intérieur Maria Paulo Romo. La ministre a précisé que cette personne, dont elle n'a pas dévoilé le nom, avait été interpellée alors qu'elle s'apprêtait à quitter l'Equateur pour aller au Japon.

    Plus tôt, peu après l'annonce du retrait de l'asile diplomatique et de la nationalité équatorienne à Julian Assange, Maria Paulo Romo avait déclaré : «Un des membres clés de l'organisation WikiLeaks et proche de M. Julian Assange vit depuis plusieurs années en Equateur. Nous avons des preuves suffisantes que cette personne a collaboré aux tentatives de déstabilisation du gouvernement.»

    «Nous ne permettrons pas que l'Equateur se convertisse en un centre de piraterie informatique et nous ne pouvons permettre que des activités illégales se déroulent dans le pays, que ce soit pour porter préjudice à des citoyens équatoriens, d'autres pays ou à n'importe quel gouvernement», a également souligné la ministre de l'Intérieur.

    Selon la chaîne Teleamazonas, la personne arrêtée serait un ressortissant suédois, Ola Bini, expert en informatique, spécialiste en questions de sécurité et cryptographie. Sur son compte Twitter, Ola Bini, dans son dernier tweet publié le 11 avril, disait redouter«une chasse aux sorcières».

  • Invité à commenter l'arrestation de Julian Assange ce 11 avril, le président des Etats-Unis Donald Trump s'est montré très évasif, affirmant n'avoir aucune opinion sur le sujet. A la question «Adorez-vous toujours Wikileaks ?» d'une journaliste, le dirigeant américain a répondu : «Je ne connais pas grand chose de Wikileaks, ce n'est pas mon truc.»

    Pourtant, lors de la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump n'avait pas hésité à clamer son admiration pour le site fondé par Julian Assange, déclarant lors d'un meeting : «J'adore Wikileaks !»

    Connu comme une figure de la gauche sud-américaine, Rafael Correa a toutefois assuré ce même jour que son successeur, Lenin Moreno avait agi «sous la pression» des Etats-Unis et de Donald Trump.

    Il a également laissé entendre que Julian Assange aurait servi de monnaie d'échange afin que le nouveau président équatorien obtienne le soutien de Washington pour un prêt du Fonds monétaire international (FMI).

  • «C'est une vengeance personnelle du président Lenin Moreno parce que WikiLeaks il y a quelques jours a publié un cas de corruption très grave», a affirmé Rafael Correa, président de l'Equateur de 2007 à 2017, année où il a décidé de s'exiler en Belgique.

    L'ex-chef d'Etat faisait ainsi allusion à un ensemble de documents, les INA papers, du nom d'une société offshore d'optimisation fiscale créée par le frère de Lenin Moreno. Rendues publiques en février dernier, les révélations contenues dans ces INA papers ont été relayées par Wikileaks et sont embarrassantes pour le président équatorien.

    De son côté, Quito a répliqué qu'une personne proche de Julian Assange était impliquée, avec des pirates informatiques russes, dans un plan de déstabilisation du président Lenin Moreno.

  • A l'issue de sa comparution devant le tribunal de Westminster, Julian Assange a fait savoir par son avocate Jennifer Robinson qu'il s'opposerait à la demande d'extradition américaine.

    Ce même jour, avec célérité, le fondateur de Wikileaks a été reconnu coupable par une juge britannique d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire.

  • Cité par le média américain The Hill, le sénateur démocrate Joe Manchin s'est félicité de l'arrestation de Julian Assange au sein même de l'ambassade d'Equateur à Londres. «Il est notre propriété. Nous pourrons obtenir de lui les faits et la vérité», a-t-il déclaré. Le fondateur de Wikileaks est sous le coup d'une possible extradition vers les Etats-Unis, après avoir été inculpé de «piratage informatique».

  • Une audience concernant la demande d'extradition américaine à l'encontre de Julian Assange aura lieu le 2 mai 2019.

    L'Australien de 47 ans a été arrêté en vertu d'un mandat de juin 2012 délivré par la justice britannique, pour non présentation au tribunal, et d'une «demande d'extradition américaine», selon la police britannique.

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié depuis juin 2012 dans l'ambassade d'Equateur, à Londres, a été arrêté.

«Julian Assange, 47 ans, a été arrêté aujourd'hui, ce 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l'ambassade d'Equateur», a ainsi fait savoir Scotland Yard, expliquant que l'arrestation avait été menée en vertu d'un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster Magistrates, pour non présentation au tribunal. 

Sur des images exclusives filmées par l'agence Ruptly, le lanceur d'alerte apparaît affaibli, portant une barbe blanche fournie.

Julian Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien et sera «présenté au tribunal de Westminster dès que possible». Le président équatorien, Lenin Moreno, s'est expliqué dans la foulée sur sa décision.

Wikileaks a également réagi en accusant le pays d'Amérique du Sud d'avoir mis fin «de manière illégale» à l'asile de son fondateur en «violation de la loi internationale».

Le ministre d'Etat britannique pour l'Europe et les Amériques, Sir Alan Duncan, a expliqué qu'il était «tout à fait normal» que Julian Assange se soumette aux tribunaux britanniques. «C'est à la justice de décider ce qu'il va se passer désormais», a-t-il poursuivi, ajoutant : «Nous sommes très redevable envers le président équatorien pour son initiative et nous réjouissons d'une future relation bilatérale forte pour les années à venir.»

De longues années de privations

Julian Assange était réfugié depuis juin 2012 dans l’ambassade équatorienne à Londres, pour échapper à d’éventuelles poursuites des Etats-Unis. En 2010, il avait révélé de nombreux documents militaires et diplomatiques secrets américains obtenus par des lanceurs d’alerte.

Le 15 novembre 2018, WikiLeaks avait annoncé que Julian Assange avait été inculpé aux Etats-Unis. «Le département américain de la Justice révèle "accidentellement" l’existence de chefs d’accusation secrets (ou de projets de tels chefs d’accusation) contre le directeur de WikiLeaks Julian Assange, dans ce qui semble être une erreur de copier-coller dans une autre affaire également instruite dans le district est de la Virginie», avait annoncé l’organisation sur Twitter.

Si les poursuites en Suède contre Julian Assange pour viol et agression sexuelle ont été abandonnées en mai 2017, la justice britannique refuse de lever le mandat d’arrêt émis à son encontre, au motif qu’il n’a pas respecté en 2012 les conditions de sa liberté sous caution.

L’Australien de 47 ans redoute d'être extradé et jugé aux Etats-Unis pour la publication de documents secrets par WikiLeaks en 2010.

Lire aussi : Quito évoque l'«ingratitude» d'Assange et rappelle son droit de mettre fin à son asile

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