Algérie : la communauté étudiante sous le choc après le meurtre d’un Zimbabwéen

Algérie : la communauté étudiante sous le choc après le meurtre d’un Zimbabwéen © FAROUK BATICHE Source: AFP
La basilique Saint-Augustin située dans la ville algérienne d'Annaba (image d'illustration).

Un étudiant zimbabwéen est mort le 6 février en Algérie après avoir été agressé, la veille, à l’arme blanche, par un groupe de jeunes. Des étudiants subsahariens et algériens ont organisé un rassemblement non loin du lieu du drame.

Prosper Ndudzo, un étudiant boursier zimbabwéen âgé de 22 ans, a succombé à ses blessures le 6 février après avoir été agressé la veille, non loin de sa résidence universitaire située à Annaba (420 kilomètres à l’est d’Algérie), par un groupe de jeunes qui, selon la presse locale, lui auraient volé son téléphone portable. Ce 7 février, plusieurs dizaines d’étudiants originaires d’Afrique subsaharienne ainsi que des étudiants algériens ont manifesté dans l’enceinte de l’université pour réclamer justice. Certains d’entre eux ont dénoncé une agression à caractère raciste. 

Revenant sur les circonstances du drame, un de ses camarades, présent au moment de l’agression, a expliqué qu’ils étaient sortis faire des courses après avoir constaté que le restaurant de la résidence universitaire était fermé. Alors qu’ils empruntaient le chemin du retour, ils ont aperçu trois individus. L’un d’entre eux s’est alors levé : «Il a fait comme s’il passait puis il s’est tourné pour revenir vers moi. Il a voulu s’accrocher avec moi et je l’ai boxé. Quand je me suis retourné, j’ai vu que les deux gars avaient déjà [saisi] Prosper. Je me suis retourné pour l’aider […]. L’un l’a blessé à la poitrine et l’autre l’a transpercé à la cuisse. Prosper m’a dit qu’il avait été poignardé. J’ai vu beaucoup de sang couler sur sa cuisse», relate-t-il, les larmes aux yeux.

Désemparé, il a alors raconté qu’aucun automobiliste n’était venu à son secours afin de transférer la victime à l’hôpital : «Après un certain temps, deux frères maliens […] nous ont vus. L’un d’entre eux a alerté la police. La police est intervenue tardivement [de même] que l’ambulance», a-t-il ajouté avant de dénoncer le manque de réactivité des médecins. Quelques instants avoir demandé à son camarade de l’aider à joindre son père au téléphone, Prospère Ndudzo a rendu l’âme.

Selon une source sécuritaire citée par le site d’information algérien Interlignes, la police a arrêté trois personnes suspectées d’être à l’origine du meurtre. 

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