L’Eurogroupe lance un ultimatum à la Grèce pour le remboursement de sa dette (VIDEO)

Le 16 février, les pays de la zone euro ont posé un ultimatum à la Grèce : elle a une semaine pour demander la prolongation du plan de sauvetage. Une solution qu’Athènes a qualifiée d’«absurde» et de «déraisonnable».

Malgré l’absence d’accord, le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a pourtant insisté sur le fait qu’Athènes était prête et disposée à conclure un accord, mais un accord d’un autre type. Il reste également confiant sur la possibilité d’y parvenir d’ici deux jours a-t-il fait savoir au terme de cette rencontre.

«Nous avons proposé de renoncer à la mise en œuvre de notre propre programme pour une période de six mois et tout ce que nous avons obtenu en retour est une vague promesse de flexibilité qui n’a jamais été détaillée», a souligné le ministre grec des Finances. Il a en outre avoué qu’il était prêt à signer un accord avec les créanciers qui octroierait un crédit de six mois à Athènes en échange du gel des principales nouvelles politiques budgétaires.

Mais cette proposition a été remplacée par une autre, émanant du président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, que le ministre grec n’a pas pu signer parce qu’elle aurait obligé Athènes à prolonger le plan de sauvetage actuel. C’est pour cette raison que les négociations qui étaient censées durer toute la nuit ont tourné court, après quatre heures seulement.

«Je ne doute pas que dans les prochaines 48 heures, l’Europe se ressaisira et que nous réussirons à trouver la formulation qui permettra de signer l’accord pour reprendre le travail qui doit nécessairement être entrepris», a déclaré Yanis Varoufakis lors d’une conférence de presse.

Pour remplacer le plan de sauvetage, qui a été décidé il y a trois ans, la Grèce demande un «prêt relais» de 21 milliards d’euros qui donnerait le temps au nouveau gouvernement d’appliquer des réformes économiques radicales.

La Grèce demande à l’Eurozone de lui donner des obligations garanties par la Banque centrale européenne (BCE) et d’autoriser le dégel des obligations utilisées actuellement comme garanties bancaires par le Fonds hellénique de stabilité financière afin de les utiliser comme moyens de financement public.

Pour le moment, les créanciers de la zone euro n’ont pas cédé d’un pouce sur les mesures d’austérité imposées en échange d’un prêt massif de 240 milliards d’euros pour éviter la faillite de la Grèce.

L’Allemagne a conservé sa ligne dure. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dit carrément que la Grèce vivait au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps et que l’Europe ne pouvait pas continuer à renflouer les caisses sans garanties de la Grèce.

«Tout ce que j’ai entendu pour le moment ne m’a pas rendu optimiste. Il semble qu’on n’a pas progressé. Je suis plutôt sceptique. Le gouvernement grec n’a apparemment pas changé d’avis», a conclu le ministre allemand.

Cependant, la France a montré qu’elle allait soutenir la recherche d’un compromis. Le ministre français des Finances Michel Sapin a laissé entendre que la zone euro pourrait accepter certaines propositions grecques, en suggérant à la Grèce d’accepter la prolongation du prêt actuel pour laisser le temps aux négociations de porter leurs fruits.

Le ministre irlandais des Finances Michael Noonan a critiqué la Grèce pour son refus de prolonger un programme existant et pour n’avoir pas fourni assez d’éléments sur à l’Eurozone pour trouver un compromis. «Nous accepterions une demande grecque pour la prolongation du plan. Si cela arrivait, cela permettrait de lever certains obstacles permettant ainsi de nous plonger dans les détails», a-t-il dit.

Le commissaire européen aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici a expliqué que le seul objectif est de garder la Grèce au sein de la zone euro. Mais l’ancien ministre français des Finances a aussi souligné que l’UE devrait prendre en compte le programme politique que les électeurs grecs avaient choisi.

Les discussions animées, dont la dette grecque fait aujourd’hui l’objet, proviennent de l’élection du gouvernement de gauche radicale emmené par Alexis Tsipras lors des élections législatives de janvier. Il s’est fait élire sur la promesse de pouvoir renoncer au plan de sauvetage et de mettre ainsi un terme aux mesures d’austérités drastiques qui l’accompagnent.

«Notre gouvernement ne demande pas à nos partenaires de trouver le moyen de payer nos dettes. Nous demandons tout simplement quelques mois de stabilité financière qui nous permettront de préparer les réformes que la population grecque peut supporter, en vue de relancer la croissance et de mettre fin à notre incapacité à rembourser nos dettes», a expliqué Yanis Varouflakis tout en soulignant qu’Athènes était disposée à trouver un compromis.

«Il reste assez de temps pour nous mettre d’accord […] J’ai entendu mes collègues grecs parler d’un prêt relais mais ce n’est qu’un autre terme pour définir le prolongement», a expliqué Jeroen Dijsselbloem aux journalistes. Une nouvelle rencontre est possible vendredi, a-t-il ajouté, avant de préciser : « cela dépendra des grecs».

Pour le temps de ces négociations, la Grèce bénéficie d’un «financement d’urgence» de 6 milliards d’euros assuré par la BCE. Mais à défaut d’un compromis, cette aide sera épuisée à la fin du mois, ce qui provoquera inévitablement l’effondrement du système financier du pays et un défaut de paiement sur sa dette. La Grèce, de son côté, n’aura pas d’autre choix que de quitter la zone euro, à moins qu’elle ne trouve d’autres prêteurs, plus souples que la troïka sur les conditions de remboursement.

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