Migrants refoulés en Italie par la France : Matteo Salvini envoie la police à la frontière

Migrants refoulés en Italie par la France : Matteo Salvini envoie la police à la frontière © Massimo Pinca Source: Reuters
Panneau routier à la ville frontalière de Clavière, le 17 octobre 2018 (image d'illustration).

Le ministère italien de l'Intérieur a annoncé l'envoi de policiers pour patrouiller à la frontière française afin d'empêcher les refoulements de migrants, après s'être insurgé contre un épisode à Clavière, qualifié de normal par la France.

«L'énième abus des autorités françaises, qui ont aussi profité de la bonne foi de notre police, aura des conséquences : des voitures de patrouille ont été envoyées à Clavière pour contrôler et garder la frontière», a écrit Matteo Salvini sur les réseaux sociaux ce 20 octobre. Son annonce s'est accompagnée de photos montrant des policiers italiens, montant la garde à l'endroit même où, la veille au matin, une voiture de police française avait déposé trois migrants.

La veille, Salvini dénonçait une opération policière française, légale selon la préfecture des Hautes-Alpes

Dans la journée du 19 octobre, Matteo Salvini avait déjà diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo montrant, avec une musique anxiogène en fond sonore, une voiture de police française sur le sol italien. On la voyait déposer trois personnes avant de repartir vers la France, à quelques dizaines de mètres de là. Commentant ces images, Matteo Salvini avait exprimé sa colère : «Vidéo incroyable ! Partagez autant que possible ! Tournée ce matin [le 19 octobre] à Clavière, à la frontière italo-française. Cette fois-ci aussi, la voiture de la police française s'était trompée de route ? Macron, réponds !»  Et l'homme fort du gouvernement italien concluait : «Des témoins locaux affirment que ces scènes se répètent depuis août. Assez de blagues, l'Italie demande des explications.»

La préfecture des Hautes-Alpes avait immédiatement réagi. «Contrairement à l’incident qui s’est produit le 12 octobre, et pour lequel les explications ont été données, cette vidéo montre une procédure de non-admission à la frontière en tous points conforme à la pratique agréée entre la police française et la police italienne, ainsi qu’au droit européen. Les personnes déposées apparaissant sur la vidéo ont été contrôlées au point de passage autorisé de Montgenèvre, 500 mètres plus loin sur la RN 94. En provenance directe d’Italie et démunies de documents de voyage, elles se sont vues notifier des refus d’entrée sur le territoire français. Conformément à la procédure, le commissariat de Bardonecchia a été informé immédiatement», avait-elle répondu.

La France a reconnu «une erreur» survenue le 12 octobre

Depuis une semaine, les incidents diplomatiques entre Rome et Paris se multiplient. Matteo Salvini avait déjà dénoncé «une offense sans précédent» après une incursion de la gendarmerie française pour déposer des migrants dans une zone boisée près de Clavière, le 12 octobre. Dans cette affaire, la France avait reconnu «une erreur» en expliquant que ces gendarmes ne connaissaient pas bien la région, mais un porte-parole du président Emmanuel Macron avait aussi dénoncé une «instrumentalisation politique» menée par Matteo Salvini.

Le ministre italien de l'Intérieur avait alors répondu sèchement : «Abandonner des immigrants dans une forêt italienne ne peut être considéré comme une erreur. Ce qui est arrivé à Clavière est une offense sans précédent contre notre pays. C'est une honte internationale et Monsieur Macron ne peut rien prétendre. Nous n'acceptons pas les excuses.»

Matteo Salvini avait également pointé du doigt une certaine forme d'hypocrisie de la France et de l'Union européenne, généralement promptes à condamner la politique migratoire de l'Italie, notamment lorsque Rome refuse le débarquement de migrants par les navires. Matteo Salvini avait d'ailleurs repris un terme employé par Emmanuel Macron pour critiquer la politique italienne à propos du navire Aquarius, afin de qualifier l'actuelle attitude de la France : «à vomir».

Si Emmanuel Macron se targue d'être un chef d'Etat «humaniste» et «progressiste», ce n'est donc pas l'avis du ministre italien de l'Intérieur. Nul doute, les tensions entre l'Italie d'un côté et la France et l'UE de l'autre sont aujourd'hui plus que jamais exacerbées.

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