ONU : la Palestine bientôt aux commandes du G77, malgré l'opposition des Etats-Unis et d'Israël

- Avec AFP

ONU : la Palestine bientôt aux commandes du G77, malgré l'opposition des Etats-Unis et d'Israël© STEPHANIE KEITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA Source: AFP
Le président de l'Autorité palestinienne prononce un discours lors de l'Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2018 à New York (image d'illustration).

Au grand dam des Etats-Unis, la Palestine pourra bientôt prendre la tête d'une coalition promouvant les intérêts économiques et politiques des pays en voie de développement, le G77. La résolution a été adoptée ce 16 octobre par 146 pays à l'ONU.

L'Assemblée générale des Nations unies a attribué ce 16 octobre aux Palestiniens, au simple statut d'observateurs, des pouvoirs légaux supplémentaires afin qu'ils puissent exercer en 2019 la présidence du Groupe des 77, un nouveau rôle critiqué par les Etats-Unis.

Une résolution en ce sens, présentée par l'Egypte, a été approuvée par 146 pays sur les 193 composant l'ONU. Trois pays ont voté contre – les Etats-Unis, Israël et l'Australie – quinze pays se sont abstenus. Au-delà de son enjeu juridique, ce texte est accompagné d'une grande symbolique, alors que les Palestiniens n'ont pas d'Etat et que l'administration de Donald Trump semble avoir remis à après les élections américaines de novembre la divulgation d'un plan de paix destiné à régler le conflit israélo-palestinien.

Le 27 septembre, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, «le Groupe des 77 et de la Chine» – qui comprend en réalité 134 pays au total – avait choisi la Palestine pour assumer sa présidence tournante en 2019. Créé à l'origine pour favoriser les intérêts économiques de ses membres, le G77, la plus grosse coalition d'Etats en développement au sein des Nations unies, est aujourd'hui une force de négociation non négligeable au sein de l'Organisation, notamment sur les questions budgétaires.

Son statut d'observateur à l'ONU, et non pas de membre, ne lui conférant cependant pas tous les attributs légaux pour exercer cette présidence, la Palestine avait besoin d'une résolution pour pouvoir exercer son mandat sans passer pour chaque décision ou chaque réunion par l'intermédiaire d'un Etat membre de l'ONU.

Le texte de la résolution rappelle que «l'Etat de Palestine» est déjà «partie à de nombreux instruments conclus sous les auspices de l'Organisation des Nations unies et qu'il est membre à part entière de plusieurs institutions spécialisées et organes de l'Organisation des Nations unies». Présider le G77 «permettra aux Palestiniens d'obtenir une reconnaissance internationale, montrera qu'ils sont un acteur international capable de parler d'autre chose que du conflit israélo-palestinien», selon un diplomate qui a requis l’anonymat.

Une adhésion palestinienne mal digérée par Washington

Brouillés avec les Palestiniens depuis la reconnaissance il y a près d'un an de Jérusalem comme capitale d'Israël, les Etats-Unis ont exprimé leur vif désaccord avec le nouveau rôle dévolu aux Palestiniens. «Il est tout à fait inapproprié qu'un membre observateur représente des Etats à l'ONU», a déclaré devant l'Assemblée générale l'ambassadeur américain adjoint, Jonathan Cohen. 

Contrairement au Conseil de sécurité, Washington n'a pas à l'Assemblée générale de droit de veto pour empêcher l'adoption d'une résolution. Les Etats-Unis y ont un droit de parole et de vote à l'égal des autres membres.

Lire aussi : ONU : veto américain à une résolution du Conseil de sécurité appelant à protéger les Palestiniens

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