Allemagne : un ex-agent du renseignement était-il trop proche de l'auteur de l'attentat de Berlin ?

Allemagne : un ex-agent du renseignement était-il trop proche de l'auteur de l'attentat de Berlin ?© Odd ANDERSEN Source: AFP
Le marché de Noël de Berlin après l'attentat du 19 décembre 2016.

D'après une enquête de la télévision allemande ZDF, le renseignement allemand a entretenu des rapports plus que troubles avec le milieu islamiste. Un agent infiltré aurait ainsi procuré un billet à un adolescent pour rejoindre Daesh en Syrie.

La révélation pourrait déclencher un tollé en Allemagne, bientôt deux ans après l'attentat de Berlin du 19 décembre 2016. Une enquête de la télévision allemande ZDF diffusée le 25 septembre dans le cadre du magazine Frontal 21, épingle les pratiques de l'Office fédéral de protection de la constitution (en allemand : BfV, pour Bundesamt für Verfassungsschutz), l'équivalent des services secrets outre-Rhin.

Un agent du BfV, présenté comme Emanuel P., aurait infiltré le milieu islamiste et salafiste allemand de mai 2013 à septembre 2015. En 2014, il avait pour mission de surveiller trois Tunisiens entré en territoire allemand. Parmi ceux-ci, Bilal Ben A., présenté comme le confident et mentor d'Anis Amri, l'auteur de l'attentat de Berlin.

Mais un détail semble quelque peu embarrassant : Emanuel P. se serait chargé, à l'été 2015, de procurer un billet d'avion à un mineur âgé de 16 ans avec pour obligation de se rendre en Syrie et de rejoindre Daesh. Il l'aurait au préalable endoctriné, lui promettant qu'il n'aurait pas à combattre une fois sur place, mais qu'il pourrait au contraire y mener une vie plaisante et agréable.

D'après la ZDF, qui affirme avoir consulté des documents du bureau du procureur du Land de Berlin, l'agent du renseignement allemand l'aurait même accompagné le 17 août 2015 à l'aéroport berlinois de Tegel. L'adolescent a finalement été arrêté à la frontière entre la Syrie et la Turquie, et renvoyé vers Berlin, après s'être aperçu des mensonges du recruteur.

L'agent infiltré des renseignements allemands a-t-il été trop loin dans sa mission en envoyant sciemment un jeune homme fragile en Syrie et en œuvrant activement à sa radicalisation ?

Le 19 décembre 2016, le terroriste Anis Amri, agé de 24 ans, avait tué 12 personnes et en avait blessé 56 autres, en fonçant avec un camion dans la foule participant à un marché de Noël de la capitale allemande. L'attaque avait été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Parvenant à s'enfuir, ce Tunisien demandeur d'asile avait traversé la frontière française puis italienne, avant d'être abattu à Milan. Le jeune homme avait un lourd passé criminel. Dans son pays, il avait écopé de cinq ans de prison pour vol qualifié, avant de purger une peine de quatre ans de prison en Italie pour l'incendie d'une école. Les services de surveillance marocains et allemands, ainsi que la police criminelle du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie avaient pourtant averti le ministère de l'Intérieur de sa dangerosité.

A.K.

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