Mélenchon rencontre Corbyn à Liverpool : une concrétisation de l'«internationalisme» ?

Mélenchon rencontre Corbyn à Liverpool : une concrétisation de l'«internationalisme» ?© Phil Noble Source: Reuters
Jean-Luc Mélenchon s'adressant aux journalistes à la conférence de presse de la conférence du Labour à Liverpool le 24 septembre.

Le leader de La France insoumise et le chef du parti travailliste britannique se sont rencontrés à Liverpool. Cette entrevue permettra-t-elle un rapprochement avec les formations de gauche anglo-saxonnes, auquel a appelé Jean-Luc Mélenchon ?

Le congrès du parti travailliste britannique, le Labour, à Liverpool a donné l'occasion à deux figures de la gauche d'échanger, le 24 septembre, après deux précédentes rencontres qui remontaient à très longtemps. Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise (LFI), et Jeremy Corbyn, le chef du Labour, se sont entretenus durant 45 minutes en espagnol, la langue commune parlée par les deux hommes, tous deux attachés aux pays d'Amérique latine.

Le Britannique a loué le chef de file de La France insoumise sur son compte Twitter, expliquant qu'il avait défié toutes les attentes durant les élections présidentielles de 2017 en proposant une politique d'investissement plutôt que d'austérité. «Nous avons évoqué comment combattre la dangereuse montée de l'extrême droite en rassemblant les gens autour d'une véritable alternative sociale et économique», a-t-il écrit.

Sur le réseau social, Jean-Luc Mélenchon s'est quant à lui contenté d'un laconique : «Rencontre avec Jeremy Corbyn.»

Un axe Mélenchon-Corbyn-Sanders ?

Les militants du Labour avaient réservé un accueil triomphal à la conférence de Momentum, le courant du Labour pro-Jeremy Corbyn. Jean-Luc Mélenchon a inauguré son discours en français d'un préambule en anglais. «Ce moment marque un pas en avant dans notre famille politique et idéologie en Europe, c'est notre première réunion, notre premier dialogue», a-t-il martelé devant une audience conquise. «Un autre futur est possible, nos peuples doivent impérativement le faire naître. Mais c'est notre devoir de militants politiques engagés de travailler dur pour coordonner nos efforts, sans cela l'internationalisme est juste un mot creux et une incantation sans effet», a-t-il ajouté.

Et Jean-Luc Mélenchon de citer son mouvement européen Et maintenant le peuple, cette «ligue sur le continent» rassemblant six partis et mouvements : Podemos, Bloco de Esquerda au Portugal, l'Alliance rouge-vert au Danemark, le Parti de gauche en Suède, l'Alliance de gauche en Finlande et La France insoumise. «Vous pouvez y participer !», a engagé l'orateur.

Ce moment marque un pas en avant dans notre famille politique et idéologie en Europe

Au-delà du Brexit, éludé des débats, grâce à ces rencontres avec Jeremy Corbyn et le Labour, le leader LFI vient proposer un rapprochement avec la gauche anglo-saxonne, qui manquait à son spectre. «Ma pratique personnelle est plus latine et hispanophone, avant, on n’avait aucun échange avec le monde anglo-saxon», a-t-il avoué aux journalistes lors d'une conférence de presse à Liverpool. «Toute l’Europe est en crise», a-t-il ajouté, estimant que cela poussait à «recréer ces liens». «Il faut se connaître et, à force, l’un d’entre nous va bien arriver à gagner les élections générales», a-t-il parié. 

L'allusion à Bernie Sanders, autre chef de file de la gauche américaine, coule de source. «On réalise que, derrière les mots qui peuvent être différents, les mêmes idées sont là, Sanders, Corbyn, moi. On dit les mêmes choses, on a longtemps avancé à tâtons, en balbutiant, on était un peu dans les catacombes… mais on a résisté», a analysé Jean-Luc Mélenchon.

D'opiniâtres combattants montés en puissance

Depuis les dernières entrevues des deux sexagénaires, Jeremy Corbyn s'est juché en 2015, à la tête du parti de gauche le plus important d’Europe, affichant 550 000 membres. Chef de file de l'opposition, il pourrait être un sérieux candidat à Downing Street en cas d’élections anticipées. De sénateur socialiste, Jean-Luc Mélenchon est devenu le chef de file de La France insoumise. Lors du premier tour des élections présidentielles de 2017, il avait raflé 19,58% des voix, soit plus de 7 millions de votes.

Lire aussi : Mélenchon : «Faire l'Europe en défaisant la France, pour nous, c'est un non catégorique»

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