Un ex-chef du Mossad livre son plan «révolutionnaire» pour détruire le Hezbollah

- Avec AFP

Un ex-chef du Mossad livre son plan «révolutionnaire» pour détruire le Hezbollah© Aziz Taher Source: Reuters
Le dirigeant libanais du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, s’adresse à ses partisans via un écran à Beyrouth, au Liban, le 14 août 2018.

Un ancien chef du Mossad interviewé par le journal israélien Jerusalem Post a déclaré que le seul moyen d'anéantir le Hezbollah était d'appliquer des sanctions contre le Liban, à l'image de ce que fait Donald Trump en Iran.

Selon Tamir Pardo, un ancien chef du Mossad interviewé par le journal israélien Jerusalem Post le 17 août, une victoire militaire sur le Hezbollah n'étant plus envisageable, seules des sanctions contre Liban, comme les États-Unis le font avec l’Iran, permettraient de débloquer la situation. Un plan qualifié de «révolutionnaire» par le Jerusalem Post.

Pour cet ancien haut gradé du renseignement israélien, en poste de 2011 à 2016, si le président américain Donald Trump appliquait des sanctions à l'égard du Liban, elles aurait «dix fois plus» d'impact que celles imposées à l'Iran, allié historique du Hezbollah. Selon Tamir Pardo, le Liban est «le seul État du monde qui dispose d'une entité terroriste ayant plus de pouvoir que l'armée nationale. Le Hezbollah est le Liban : il siège au gouvernement et au Parlement, il a un pouvoir de décision sur tous les dossiers politiques» ajoutant que le parti «a énormément d'expérience en matière de combat, ce qui ne doit pas être pris à la légère». Il ajoute que le Hezbollah «fait inextricablement partie de l'Iran». 

Tamir Pardo estime en outre que la stratégie consistant à «attaquer le Hezbollah sans attaquer tout le Liban, comme lors de la guerre de juillet-août 2006 est un concept obsolète». L'offensive israélienne au Liban avait alors été largement perçue comme un échec sur le terrain. «Pour vaincre définitivement le Hezbollah, il faudrait envahir le Liban du Sud jusqu'au Nord, à cause de leurs missiles à longue portée», ajoute l'ancien numéro 1 du Mossad. Selon ses estimations, l'envoi de troupes jusqu'à l'extrême nord du pays du Cèdre «augmenterait considérablement les pertes, qu'il s'agisse de civils libanais ou de soldats de l'armée israélienne». Le Hezbollah répliquerait, en outre, en frappant le territoire israélien avec toute sa puissance de feu «qui s'élève à près de 130 000 missiles», selon lui.

«Si Trump annonce des sanctions contre le Liban, comme il l'a fait contre l'Iran, l'économie libanaise ne pourra pas tenir plus de trois ou quatre mois. Le Liban n'est pas l'Iran, c'est un pays minuscule qui dépend de l'Occident et des pays sunnites modérés», affirme-t-il. «Même s'il n'impose au Liban que certains aspects des sanctions imposées à l'Iran, cela reste un moyen beaucoup plus efficace que la guerre» pour vaincre le Hezbollah, ajoute Tamir Pardo. Il précise que, pour une efficacité optimale, les Occidentaux devront clairement indiquer que ces sanctions seront levées à deux conditions : «Si le Hezbollah abandonne ses armes ou est entièrement incorporé à l'armée libanaise et si l'Iran retire entièrement ses tentacules du Liban».  

Grand vainqueur des législatives libanaises début mai, le Hezbollah, bête noire d'Israël et de Washington, s'était félicité d'avoir triomphé en dépit d'attaques à son encontre. «Les Etats-Unis et quelques Etats du golfe persique ont eu recours à une campagne de dénigrement pour tenter de tourner l'opinion publique contre le Hezbollah. Leurs efforts ont été vains», s'était ainsi félicité le dirigeant de l'organisation chiite Hassan Nasrallah dans une intervention télévisée le 7 mai, citée par le média public iranien Press TV.

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