Analyste en sécurité : pour éliminer Daesh, il faut d’abord combattre l’idéologie qu’il créé

Des combattants de Daesh, Source : capture d'écran, compte Twitter  ‏@BFMTV
Des combattants de Daesh, Source : capture d'écran, compte Twitter ‏@BFMTV

Dans une interview à RT, l’analyste en sécurité nationale Ryan Mauro a expliqué que Daesh va prendre de l’ampleur jusqu’à ce qu’on commence enfin à combattre son idéologie.

RT : «Notre coalition est à l'offensive. L'EI est sur la défensive et l'EI va perdre», a lancé le président américain Barack Obama au début de l’année. Croyez-vous que l’optimisme du président américain était exagéré ?

Ryan Mauro : A ce moment-là, l’Etat islamique était sur le reculoir mais c’était en fait exagéré au niveau de la stratégie utilisée - et qu’ils utilisent toujours - par les Etats-Unis dans leur combat contre Daesh. Parce qu’on constate leur renforcement, encore plus en Afghanistan depuis la nouvelle de la mort du Mollah Omar [chef des talibans afghans]. Ils deviennent de plus en plus puissants.

RT : Le ministre de Défense irakien Khaled al-Obeidi a dit dans son interview à RT il y a quelque temps qu’«il y a presque 19 nationalités différents parmi les terroriste de Daesh en Irak». Que pensez-vous de cela ?

Ryan Mauro : L’Etat islamique est un produit, un produit de l’idéologie islamiste radicale et aujourd’hui on constate un haut niveau d’approbation de telles choses comme par exemple l’établissement d’un califat, mener le djihad, appliquer un gouvernement de charia. Ainsi, Daesh reçoit beaucoup de soutien qu’il peut utiliser. En tant que groupe, il est peut-être une minorité, mais le concept plus large qu’il a créé lui attire de la sympathie à travers le monde.

D’après les estimations, depuis que la coalition a lancé sa compagne de bombardement, 10 000 terroristes ont été tués. Pourquoi est-ce que la mort d’un tel nombre de combattants ne réduit pas sa puissance ?

La raison du manque d’impact de pertes humaines, c’est qu’il est compensé par l’afflux des combattants étrangers qui viennent de toute la planète, le montant de ces gens est presque égal à celui des terroristes tués. Au mieux, on arrive à égalité. Et ces chiffres ne prennent pas en compte les recrutements de l’Etat islamique en Irak, Syrie, Egypte et autres.

RT : Récemment, des responsables américains ont indiqué que le combat contre Daesh pourrait prendre de 10 à 20 ans. Etes-vous du même avis ?

Ryan Mauro : Oui, c’est ce qui nous attend si on ne combat pas l’idéologie que l’Etat islamique créé. Bien que Daesh soit soutenu seulement par une minorité dans le monde arabe, si on jette un coup d’œil sur les statistiques, on verra qu’il y a 22 millions de personnes au Moyen-Orient qui disent avoir une opinion positive envers ce groupe terroriste. Si on prend en considération ceux qui ont une opinion partiellement positive, cela va jusqu’à 42 millions. Ainsi, il ne suffit pas d’avoir beaucoup de soutien pour obtenir un grand nombre de sympathisants.

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