Allemagne : le crucifix de la discorde dans les bâtiments publics bavarois

Allemagne : le crucifix de la discorde dans les bâtiments publics bavarois© Michaela Rehle Source: Reuters
Vue du tribunal de Munich, au procès d'un djihadiste, janvier 2015, illustration

Controverse en Bavière depuis le 24 avril : le président du gouvernement régional a décidé d'imposer le crucifix dans tous les bâtiments publics. Une «reconnaissance des racines chrétiennes», selon lui, mais la mesure passe mal.

Le gouvernement fédéral de Bavière, dirigé par Markus Söder du parti conservateur CSU, a décidé de rendre obligatoire la croix chrétienne dans tous ses bâtiments publics à compter du 1er juin. Le parti gouvernemental fait valoir une «reconnaissance des racines chrétiennes», mais cette proclamation créé la polémique dans toute l'Allemagne. Interrogé par France Info, un passant bavarois à Ratisbonne a ainsi estimé : «Ce n’est qu’une manœuvre populiste pour tenter de marquer des points en vue des régionales qui ont lieu à l’automne.»

A Ratisbonne, un groupe d'étudiants emmené par un jeune militant du parti libéral, Tarek Carls, a déposé une pétition en ligne afin de dénoncer cette mesure, qui a reçu plus de 50 000 signatures. Cité par France Info, leur porte-parole rappelle : «Nous ne faisons que défendre les valeurs fondamentales de l’université : l’unité, la tolérance, la diversité.»

Le cardinal Marx, archevêque de Munich, n'apprécie pas non plus la démarche du parti conservateur et estime que cela peut mener à une «division de la société»... Une centaine de théologiens, à l'instar du professeur Sigmund Bonk, ont cependant signé une tribune pour dire tout le bien qu'ils pensaient du projet, estimant que «la présence du crucifix est quelque chose de tout à fait normale en Bavière». Confrontée à cette controverse depuis le 24 avril, le Land de Bavière toutefois annoncé qu'aucun contrôle de l'application de la mesure ne serait effectué dans les administrations, permettant ainsi tacitement aux mairies et aux universités récalcitrantes de ne pas s'aligner.

En janvier 2018, un juge avait déjà déclenché une vive polémique en Allemagne, après avoir fait retirer un crucifix de la salle d'audience dans laquelle était jugé un musulman originaire d'Afghanistan, pour une tentative de meurtre sur un compatriote converti au christianisme. Il voulait par ce geste faire montre de tolérance et a expliqué : «Il pense que le djihad existe entre les chrétiens et les musulmans, et donc je n'ai pas pensé qu'il était pertinent de le condamner sous une croix.»  

Lire aussi : Un graffiti de Macron avec un crucifix dans le derrière crée des remous à la SNCF

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter