Survivant d’un crash d’hélicoptère : J’ai dû effrayer trois ours sur la glace de l’Arctique

Capture d'écran, compte Facebook Helicopter Solo Around the World
Capture d'écran, compte Facebook Helicopter Solo Around the World

Un pilote d’hélicoptère russe a été secouru par des garde-côtes canadiens d’un iceberg où il a dû repousser des ours polaires et combattre le froid glacial, deux jours après s’être abîmé en mer lors d’une tentative de tour du monde.

Sergueï Ananov a expérimenté ce qu’on décrit comme un crash contrôlé dans le détroit de Davis, entre le Groenland et la Terre de Baffin samedi dernier. Le pilote a quitté Moscou à la mi-juin au commandes d’un hélicoptère civil léger Robinson R22. Après avoir parcouru quelques 34 000 kilomètres, il ne lui restait que 4 000 km pour battre le record et devenir le premier pilote d’hélicoptère à effectuer un tour du monde en solitaire. Cependant, les choses ont mal tourné.

L’hélicoptère a coulé en 30 secondes

L’accident en lui-même, s’est produit de façon brusque, a indiqué Ananov à RIA Novosti, ajoutant que l’hélicoptère s’est retrouvé complètement immergé en moins d’une minute après qu’une des courroies du moteur a lâché.

«L’hélicoptère est devenu complètement hors de contrôle et j’ai rapidement perdu beaucoup d’altitude. J’ai voulu atterrir sur une plaque de glace flottante mais j’ai échoué… je me suis retrouvé à 50, 100 mètres de mon objectif, et l’appareil a coulé littéralement en 30 secondes», a-t-il expliqué. Il a réussi à récupérer un radeau de survie mais pas l’équipement GPS pour contacter les sauveteurs.

Après le crash, Ananov a dû nager pour atteindre la glace. «J’ai eu plusieurs égratignures – je pensais même ne pas être capable de grimper sur l’iceberg tellement c’était haut.

«J’ai tremblé dès la première minute où je me suis retrouvé sur la glace», a indiqué le pilote à CTV News.

Trois hôtes inattendus et des conditions extrêmes

Au cours des deux jours éprouvants dans le froid et en pleine nature, Ananov a fait face à trois ours polaires. «Le vent a rassemblé plusieurs morceaux de glace autour du mien, formant ainsi un champ de glace permettant aux ours de m’atteindre. Trois ours se sont approchés de moi, mais j’ai réussi à leur faire peur.

«J’avais ma propre stratégie. Je me cachais sous mon radeau de sauvetage, puis lorsqu’ils étaient tout près de moi je sautais du radeau», a-t-il expliqué à CTV News. «J’ai compris que je devais faire quelque chose de furieux et effrayant, alors j’ai hurlé sur eux en tapant dans mes mains».

Goodbye America, oy (vey) ... ;)Sergey crossed the U.S.-Canadian border ...

Posted by Helicopter Solo Around the World on 20 июля 2015 г.

Le pilote a dit avoir subi une grave déshydratation et a dû manger de la glace pour survivre. «Je suis toujours resté conscient mais j’avais constamment des tremblements et je n’arrivais plus à contrôler mon corps», selon RIA Novosti, rapportant les paroles de survivant.

La fusée de dernière chance

Outre les ours et les températures glaciales, Ananov s’est aussi confronté au brouillard qui a empêché les sauveteurs de le repérer, malgré l’aide du tracker GPS qui a retenu sa dernière position avant le crash. Dès qu’il a entendu un hélicoptère de sauvetage bourdonnant au-dessus de lui, il a lancé désespérément deux fusées de détresse. Quand un bateau des garde-côtes s’est finalement approché de lui, il ne lui restait qu’une seule fusée.

«Au bout d’un moment je commençais à perdre espoir, je pensais que le brouillard n’allait jamais disparaître ».

Mais le dimanche soir, le brouillard s’est levé et il a pu repérer le navire au loin. «Je me suis dit ‘c’est bon, c’est ma dernière chance et ma dernière fusée’», a-t-il souligné, ajoutant que c’était une jeune femme de l’équipage qui a «repéré les dernières lueurs de la fusée».

Le pilote russe a été secouru par le navire Pierre-Radisson des garde côtes canadiens, où il a reçu des soins médicaux d’urgence et «un dîner magnifique».

Ananov avait pour objectif de contourner le cercle Arctique. Il a déclaré ne pas vouloir retenter l’aventure pour le moment.

Le pilote survivant a pu contacter l’ambassade russe à Ottawa qui a promis, à son tour, d’aider Ananov à remplacer tous ses documents perdus pour qu’il puisse revenir en Russie. Après avoir entendu qu’il pourrait avoir des problèmes financiers, des supporters d’Ananov sur les réseaux sociaux ont lancé une campagne de financement pour l’aider à revenir à la maison et faire face au coût du sauvetage.

Vous pouvez trouver les photos prises par Ananov au cours de son vol sur sa page Facebook.

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