«Ce serait bien si je l'étais» : quand Juncker se voit en Premier ministre du Royaume-Uni

- Avec AFP

«Ce serait bien si je l'étais» : quand Juncker se voit en Premier ministre du Royaume-Uni
Emmanuel Macron et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 23 février 2018, photo ©Yves Herman/Reuters

L'UE multiplie réunions et sommets afin de faire face à plusieurs échéances, au premier rang desquelles la sortie du Royaume-Uni, prévu pour 2019. Se pose aussi la question de la succession du truculent président de la Commission.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ironisé ce 23 février sur l'incertitude entourant la position du Royaume-Uni quant à sa future relation avec l'Union européenne (UE). «Je ne suis pas le Premier ministre britannique, ce serait bien si je l'étais, mais je ne le suis pas», a-t-il lancé, sur le mode de la plaisanterie , à son arrivée à un sommet européen – informel – ce même jour, organisé sans le Royaume-Uni et consacré à la vaste question de l'avenir de l'Union européenne (UE) après le Brexit.

Les Européens ont en effet du pain sur la planche. Les 27 doivent se prononcer sur d'épineuses questions institutionnelles, parmi lesquelles le devenir des 73 sièges sur 751 que les eurodéputés britanniques vont libérer après le Brexit, toujours programmé pour la fin mars 2019.

Bientôt l'heure de passer la main pour Jean-Claude Juncker

Mais c'est aussi la question du successeur de Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission européenne, prévue pour l'automne 2019, qui commence à agiter Bruxelles. 

Les noms du Français Michel Barnier, négociateur sur le Brexit pour l'UE, et de la Danoise Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence au sein de l'exécutif européen, sont souvent cités. Cependant, à ce stade, les dirigeants des 27 doivent surtout s'entendre sur les règles du jeu.

Le Parlement européen, qui élit le président de la Commission à la majorité, demande aux dirigeants des 27 de reconduire les Spitzenkandidaten, «candidats têtes de listes», une méthode inaugurée en 2014. Ce procédé veut que les Etats membres à qui les traités ont confié le choix du candidat soumis au vote du Parlement le désignent parmi les têtes de listes des partis européens aux élections européennes.

Plusieurs pays dont la France, toutefois, rechignent à renoncer à leur prérogative de choisir leur candidat comme ils l'entendent. Pas de quoi rendre plus lisible le fonctionnement de ces institutions supranationales pour le commun des mortels, comme l'avait d'ailleurs souligné le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson : «A mes plus proches amis opposés au Brexit, je leur demande de m'expliquer le processus des Spitzenkandidaten», s'était-il amusé, mi-février.

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