72 propositions, 600 millions d’euros : le nouveau rapport pour intégrer les réfugiés dévoilé

72 propositions, 600 millions d’euros : le nouveau rapport pour intégrer les réfugiés dévoilé© PATRICK HERTZOG Source: AFP
Illustration : des migrants africains étudient dans un monastère en France

Le député LREM Aurélien Taché remet au chef du gouvernement le 19 février son rapport contenant 72 propositions pour faciliter l’intégration des réfugiés. Un chantier colossal dont le coût est estimé à 600 millions d’euros.

Vivement critiqué par les associations humanitaires et les partis de gauche depuis la présentation des premiers contours du projet de loi «asile et immigration», le gouvernement tenterait-il de corriger le tir ? Le rapport que remet le député LREM Aurélien Taché au Premier ministre le 19 février laisse penser que l’exécutif cherche bel et bien à donner des gages à ses détracteurs qui l’accusent d’afficher plus de fermeté que d’humanité envers les migrants.

«72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France» : tel est l’intitulé du rapport censé faire contrepoids aux propositions précédemment portées par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, telles que l’augmentation du nombre d’expulsions ou encore le tri des migrants dans les centres d’hébergement.

Selon Le Monde, le jour de la publication du rapport n'aurait pas été choisi au hasard, puisqu'il aurait été volontairement repoussé par l’exécutif pour le rapprocher du 21 février, date à laquelle sera présenté en conseil des ministres le projet de loi sur l’immigration. L'application de l'ensemble de ces mesures est conditionnée à l'allocation d'un budget estimé à 607 millions d'euros. 

Le travail des associations montré en exemple

Dans ce rapport, quelques mesures inédites sont proposées pour intégrer de manière plus efficiente les «primo-arrivants» : la création d’une «grande plate-forme numérique» afin de leur permettre de trouver «les cours de français dispensés près de chez [eux], ou encore les hébergements chez les particuliers», mais aussi la suppression «de la condition de nationalité pour les fonctions non régaliennes de la fonction publique» et «de la taxe versée par les employeurs pour l’embauche de réfugiés».

Si l’élu du Val-d’Oise a émis des propositions nouvelles, il a néanmoins appelé le gouvernement à élargir les dispositifs existants destinés aux réfugiés et surtout à s’inspirer des associations dont le travail est longuement décrit, voire loué, dans le rapport, notamment sur les thématiques de l’accès au logement, de l’apprentissage du français et de l’insertion professionnelle.

Recommandant une forme d’institutionnalisation des services proposés par le monde associatif, Aurélien Taché cite, entre autres, l'association Wintergreat, qui accompagne «des réfugiés diplômés [niveau Bac et plus] au cours d’un programme intensif de 12 semaines comprenant chaque semaine 20 heures d’apprentissage du français», ou encore Kodiko, qui a développé «un programme d’accompagnement vers l’emploi avec des binômes salarié d’entreprise-réfugié et des ateliers professionnels [speed meetings, coaching, etc.] sur une durée de six mois après un diagnostic initial et un projet professionnel».

Afin de réaliser l’ensemble de ces propositions, le député estime que «l’ensemble du gouvernement doit être associé à la définition puis au suivi des grands axes de la politique d’intégration par le Premier ministre, dans le cadre d’un comité interministériel, et sa mise en œuvre doit pouvoir être assurée par un établissement public dédié».

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