«Shutdown» éclair aux Etats-Unis : Trump attaqué sur sa droite

«Shutdown» éclair aux Etats-Unis : Trump attaqué sur sa droite© Leah Millis Source: Reuters
La capitole des Etats-Unis, à Washington

Le sénateur républicain Rand Paul a retardé le vote sur le budget pour la période 2018-2019, déclenchant, quelques heures durant, un nouveau «shutdown». Il voulait ainsi alerter l'opinion sur des dépenses trop importantes qui vont creuser le déficit.

Les sénateurs américains auront mis du temps à s'accorder sur le budget qui permet un financement de l'Etat jusqu'en 2019. Ce délai a entraîné une fermeture partielle des services fédéraux américains le 9 février.

Mais ce second shutdown en moins d'un mois – l'œuvre du sénateur républicain de sensibilité libertarienne Rand Paul – n'a cette fois-ci duré que quelques heures. Rand Paul a effet utilisé une procédure du Sénat pour retarder le vote du budget après minuit, la date limite imposée par la résolution de janvier, déclenchant de fait un shutdown. Le budget, qui prévoit une augmentation de 300 milliards de dollars dans les dépenses du Pentagone et pour des projets civils, a été voté sans problème après ce délai.

Rand Paul avait à cœur de marquer le coup pour faire entendre son message sur les dépenses de l'Etat, qu'il juge trop importante. Négocié en quelques jours sous la pression, le projet de budget a fait sauter tous les verrous budgétaires fixés en 2011 par le Congrès, mis en place pour réduire sensiblement le déficit. «[l'Etat fédéral] dépense trop d'argent, emprunte trop d'argent et revient de fait aux déficits de l'ère Obama. J'ai été élu pour combattre les déficits de l'ère Obama», a ainsi confié Rand Paul à Fox News pour expliquer son action.

Une position que partage le groupe parlementaire Freedom Caucus, à droite sur l'échiquier politique et conservateur du point de vue fiscal. «Nous sommes pour le financement de l'armée, mais augmenter la taille du gouvernement de 13% augmente "le marais" au lieu de le drainer», a fait valoir le groupe en référence à l'expression «draining the swamp» utilisée par Donald Trump.

En janvier dernier, les démocrates avaient forcé un shutdown en raison de la politique migratoire du président américain, assurant qu'ils ne voteraient le budget que si ce dernier pérennisait la régularisation de 690 000 jeunes immigrés au statut précaire, les Dreamers. Un accord avait finalement été trouvé, les démocrates ayant accepté de voter le voter le budget s'il incluait une augmentation des dépenses des autres ministères au même titre que celle des dépenses militaires.

Bien que la responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi se soit exprimée pendant huit heures pour protester contre l'absence de mesures réglant la situation des jeunes migrants le 8 février, le camp démocrate a insisté sur le fait que ce discours marathon n'était pas un appel de ralliement pour s'opposer à l'accord budgétaire.

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