Trafic d'organes au Kosovo: Chypre va étudier la demande d'extradition d'un Israélien vers la Russie

- Avec AFP

Trafic d'organes au Kosovo: Chypre va étudier la demande d'extradition d'un Israélien vers la Russie
Illustration ©Keith Bedford/Reuters

Moshé Harel est soupçonné d'avoir été à la tête d'un réseau international de trafic d'organes qui a opéré entre 2006 et 2010 notamment au Kosovo et en Russie. Achetés environ 15 000 euros, les organes étaient revendus jusqu'à 100 000 euros.

Ce 5 février, un tribunal chypriote a décidé que les audiences pour l'extradition vers la Russie de Moshé Harel, un Israélien accusé d'être le cerveau d'un réseau international de trafic d'organes, débuteraient le 21 février 2018 à Chypre, où il a été arrêté. Interpellé fin décembre 2018 à l'aéroport de Larnaca, le ressortissant israélien restera en détention provisoire jusqu'à cette date.

Moshé Harel, agent de voyages âgé de 70 ans, est soupçonné d'avoir dirigé un réseau international de trafic d'organes qui opérait au Kosovo, en Russie et dans d'autres pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale entre 2006 et 2010. Il fait l'objet de mandats d'arrêts internationaux émis par Moscou et Pristina.

Chypre, qui ne reconnaît pas l'Etat du Kosovo, a toutefois décidé d'agir sur la base de la requête d'extradition russe émise en 2017 pour des faits commis en 2006. L'acte d'accusation désigne Moshé Harel comme étant le cerveau du réseau, alors qu'un médecin turc, Yusuf Ercin Sonmez, toujours en fuite, était soupçonné d'avoir effectué les greffes d'organes.

Selon le procureur Marina Spiliotopolou, des documents russes à charge ont été reçus et le ministère de la Justice chypriote a donné son aval pour que les audiences débutent le 21 février. Des témoins seront convoqués à la barre.

Les donneurs d'organes payés 15 000 euros, les receveurs facturés 100 000 euros

Moshé Harel est notamment accusé d'avoir organisé plus de 30 prélèvements de reins et transplantations dans l'illégalité, selon le parquet au Kosovo, dans la clinique Medicus, près de Pristina. L'établissement hospitalier a été fermé en 2008 lorsque le scandale a éclaté. Les donneurs, recrutés en Europe ou en Asie centrale, se voyaient promettre chacun 15 000 euros en moyenne tandis que les receveurs d'organes, Israéliens pour beaucoup, étaient prêts à débourser chacun jusqu'à 100 000 euros pour une telle intervention chirurgicale.

En 2013, un tribunal européen au Kosovo avait condamné cinq médecins kosovars à des peines allant jusqu'à huit ans de prison pour un trafic d'organes organisé pendant la guerre au Kosovo (1998-99) par la guérilla indépendantiste kosovare. Deux ans plus tôt, dans un rapport publié en 2011, le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, avait évoqué un lien entre ce trafic lors du conflit et le cas plus récent de la clinique Medicus.

La Cour suprême du Kosovo a toutefois annulé en 2016 ce verdict et ordonné un nouveau procès qui est en cours. Un tribunal spécial composé de juges et de procureurs internationaux, mis en place à la Haye à la suite du «rapport Marty», devrait annoncer prochainement ses premières inculpations.

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