Procès de Salah Abdeslam : «Jugez-moi, je place ma confiance en Allah»

Procès de Salah Abdeslam : «Jugez-moi, je place ma confiance en Allah»© Emmanuel Dunand Source: AFP
La juge Marie-France Keutgen pendant l'ouverture du procès du suspect n°1 des attentats du 13 novembre à Paris au Palais de Justice de Bruxelles le 5 février 2018.

Le procès de Salah Abdeslam qui démarre le 5 février au matin à Bruxelles préfigure celui des attentats du 13 novembre 2015 prévu à Paris. D’ores et déjà, le terroriste a fait savoir qu’il ne souhaitait pas répondre aux questions et a invoqué Allah.

L'ouverture de ce premier procès constituait un test, censé figurer ce qui devrait se dérouler à Paris sur les attentats commis le 13 novembre 2015 sur les terrasses parisiennes et au Bataclan. Quatre jours de procès où doit se manifester la décision très attendue de Salah Abdeslam : va-t-il sortir de son mutisme, comme l’exhortent depuis plusieurs mois son frère Mohamed Abdeslam et son avocat Sven Mary ? Il est pour l'instant resté très laconique, si ce n'est pour confirmer son attachement à la religion : «Jugez moi, faites ce que vous voulez de moi. Je place ma confiance en Allah. Je n’ai pas peur de vous».

Alors qu’on l’enjoignait à parler, Salah Abdeslam a réitéré son refus de s’exprimer et s’en est expliqué : «Je ne souhaite pas répondre [...]. On m’a demandé de venir et je suis venu tout simplement. On m’accuse alors je suis ici. Mon silence ne fait pas de moi ni un criminel, ni un coupable. J’aimerais qu’on se base sur les preuves scientifiques et tangibles». Le prévenu a refusé de se lever car il était «fatigué». «Ce que je constate c’est que les musulmans sont traités de la pire des manières. Il n’y a pas de présomption d’innocence», a-t-il ajouté.

Le prévenu est apparu accompagné par des policiers cagoulés en veste claire et polo blanc à manches longues. Sa barbe et ses cheveux sont aujourd’hui mi-longs. Mais le terroriste a fait savoir qu’il souhaitait qu’aucune image de lui ne paraisse dans les médias.

Je ne souhaite pas répondre [...]. On m’a demandé de venir et je suis venu tout simplement.

Seul membre encore en vie du groupe terroriste ayant mis Paris à feu et à sang le 13 novembre, Salah Abdeslam comparaît avec son complice de cavale Sofiane Ayari, celui-ci se montrant tout aussi peu disert que lui, assurant qu'il ne se souvient pas lorsqu'il est questionné.

20 ans ont été requis contre les deux prévenus. Il s'agit de la peine maximale prévue devant le tribunal correctionnel pour tentative d'assassinat contre des policiers. La représentante du parquet fédéral Kathleen Grosjean a expliqué : «C'est une véritable scène de guerre à laquelle les policiers ont été confrontés [...] C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort.»

Un transfert très sécurisé et une arrivée spectaculaire

A 3h30, Salah Abdeslam a quitté la prison de Fleury Mérogis dans un convoi de véhicules de gendarmes d’élite du GIGN. Ils ont pu gagner le Palais de justice de Bruxelles, doté d’un dispositif de sécurité exceptionnel. L’arrivée des fourgons blindés dans la pénombre conférait à l’événement une solennité hors norme.

De 100 à 200 hélicoptères ont été mobilisés. 200 agents des unités d’élite sont aussi présents à l’intérieur du tribunal. Les entrées ont été équipées de plots en béton pour mieux protéger les allées et venues des hommes de loi.

Près de 400 journalistes ont été accrédités pour couvrir ce procès aux consignes de sécurité inhabituelles.

Le procès devrait durer quatre jours, avec une pause mercredi. Il devrait néanmoins être écourté si Salah Abdeslam persiste à garder le silence. Ce tweet montre la sortie de la salle d’audience.

Le procès de Bruxelles a pour objet de juger Salah Abdeslam pour tentative de meurtre en lien avec une entreprise terroriste, et possession illégale d’armes à feu (11 chargeurs de kalachnikovs avaient été retrouvées), lors de la fusillade survenue à Forest en Belgique le 15 mars 2016, lors de sa cavale. Trois policiers avaient été blessés.

Trois jours plus tard, Salah Abdeslam avait été arrêté alors qu’il se cachait dans la cave de son cousin, à Moleenbeek.

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