Enquête «russe» : Donald Trump contre-attaque et sème la panique à Washington

Enquête «russe» : Donald Trump contre-attaque et sème la panique à Washington
Illustration ©Leah Millis/Reuters

La note Nunes pourrait ébranler un peu plus le sommet de l'Etat américain, dans une guerre opposant les trois branches du pouvoir. Le FBI se serait appuyé sur un dossier anti-Trump financé par les démocrates pour justifier une mise sur écoute.

L'enquête sur la supposée ingérence de la Russie s'était installée dans la routine, un peu à l'image d'une longue guerre de tranchées. Mais ce 2 février 2018, Donald Trump a lancé une offensive majeure, en donnant son accord à la déclassification d'une note explosive pour le FBI.

Baptisé «mémo Nunes», du nom du chef du House intelligence committee (commission du Congrès chargée de surveiller les agences de renseignement américaines) Devin Nunes (républicain), ce rapport de quatre pages révèle des éléments secrets de l'enquête sur la supposée ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine.

La note conclut que le FBI s'est servi d'informations partisanes pour justifier une demande administrative de mise sur écoute d'un certain Carter Page, membre de l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016. «Je pense que c'est terrible, si vous voulez savoir la vérité», a déclaré Donald Trump, s'exprimant à la Maison Blanche. «C'est une honte», a-t-il déploré, poursuivant : «Beaucoup de gens devraient avoir honte et même pire». «Voyons ce que ça va donner», a-t-il encore lancé.

Un peu plus tôt ce même jour, le président américain s'était fendu d'une déclaration incendiaire contre le pouvoir judiciaire, l'un des trois piliers censés assurer le caractère démocratique du système politique américain, conjointement à l'exécutif et la branche législative. «Les cadres et les enquêteurs du FBI et du Département de la justice ont politisé les investigations en faveur des démocrates et contre les républicains», a ainsi lancé le chef de l'exécutif américain, ce 2 février 2018 sur son réseau social favori, attestant d'un affrontement au plus haut niveau de l'Etat.

Espion du MI6, dossier contre Trump payé par les Démocrates... et un FBI peu regardant

Beaucoup plus gênant pour les tenants d'une collusion – toujours hypothétique, faute notamment de preuves – entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, la sulfureuse note confirme que le FBI s'est appuyé sur le «dossier Trump», élaboré par une entreprise de renseignement privée en 2016 : la Fusion GPS, basée à Washington.

Proche du Parti démocrate qu'elle compte parmi ses clients réguliers, cette officine a enquêté dès avant le début de la campagne électorale de 2016, pour le compte d'opposants républicains à l'investiture de Donald Trump comme candidat de son parti. 

D'après le Washington Post daté du 25 octobre 2017, le Parti démocrate avait repris le dossier, et financé la suite de l'enquête à charge contre Donald Trump. Ce «dossier Trump», qui aurait été élaboré notamment avec le concours d'un ancien agent du MI6 recruté par l'occasion, Christopher Steele, aurait été transmis en décembre 2016 au renseignement américain par le sénateur républicain John McCain, néo-conservateur et opposant acharné à la candidature de Donald Trump auquel il reprochait notamment sa volonté d'apaisement avec la Russie.

Encore plus accablant, la note Nunes affirme, sur la base des informations que le FBI a été forcé de communiquer, que cette même agence a autorisé le versement d'émoluments par la direction du parti démocrate à Christopher Steele. En outre, toujours selon la note Nunes, le fait que le Parti démocrate ait repris l'enquête de Fusion GPS à son compte était connu du Département de la justice et du FBI mais a été dissimulé lors de la demande de mise sur écoute administrative.

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Washington en effervescence, le FBI tente de s'opposer à la publication de la note

Le caractère explosif de la note explique sans doute la fièvre qui a saisi Capitol Hill ces derniers jours. Les Démocrates, notamment, semblaient tout faire pour allumer des contre-feux. La propagation virale du hashtag #ReleaseTheMemo, appelant à la publication du mémo sur Twitter, a ainsi été attribuée à des bots (comptes robots)... russes. Embrouillant encore la situation, le Parti démocrate a également rédigé une contre-note visant à réfuter par avance les conclusions supposée de celle de Devin Nunes. Tentant jusqu'au bout d'empêcher la publication de la note, le FBI a crié au loup, prévenant que la publication de la note révélerait ses méthodes secrètes et l'affaiblirait.

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