Le ministre turc de l'Intérieur critiqué pour avoir appelé à «briser les jambes» des dealers

- Avec AFP

Le ministre turc de l'Intérieur critiqué pour avoir appelé à «briser les jambes» des dealers© ADEM ALTAN / AFP
Le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu (C) s'adresse aux journalistes le 19 décembre 2016.

Le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a été accusé le 4 janvier d'abus de pouvoir par l'opposition et des avocats, après avoir affirmé que la police se devait de «briser les jambes» des revendeurs de drogue.

«Peu m'importe combien je serai condamné ou critiqué, mais un policier qui ne brise pas les jambes d'un dealer de drogue lorsqu'il le voit ne peut être considéré comme ayant accompli son devoir», a déclaré le 4 janvier le ministre de l’Intérieur turc, lors d'une conférence de presse, selon des propos rapportés par les médias turcs. Süleyman Soylu a ajouté que si des policiers accomplissaient de tels actes, il en assumerait l'entière responsabilité.

Une plainte déposée

Tur Yildiz Biçer, députée du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation d'opposition au Parlement, a annoncé avoir porté plainte contre Süleyman Soylu pour abus de pouvoir. «Cet ordre [...] ne peut être respecté sous aucune circonstance, quiconque s'y plie ne peut être libre de toute responsabilité», a-t-elle protesté, citée par les médias turcs, affirmant que selon le code pénal, toute personne qui encourage à commettre de tels actes risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Pour Mehmet Durakoglu, président du barreau d'Istanbul, les commentaires du ministre vont à l'encontre de la présomption d'innocence. «Ces remarques sont clairement criminelles. Je ne peux accepter que de tels propos soient tenus, même ironiquement», a-t-il affirmé, selon l'agence de presse Dogan. Mais le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, a soutenu son ministre, décrivant ses propos comme «une expression de détermination».

Süleyman Soylu, nommé au ministère de l'Intérieur en 2016, s'est imposé en combattant sans relâche le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme «organisation terroriste» par Ankara et ses alliés occidentaux, dans le sud-est du pays.

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