Un Palestinien tué à Gaza le 15 décembre avait perdu ses jambes lors d'un assaut de Tsahal en 2008

- Avec AFP

Un Palestinien tué à Gaza le 15 décembre avait perdu ses jambes lors d'un assaut de Tsahal en 2008© Mohammed Salem Source: Reuters
Ibrahim Abou Thouraya, lors de la journée de mobilisation contre la décision de Donald Trump sur Jérusalem, le 15 décembre à Gaza, avant son décès.

Le 15 décembre, quatre Palestiniens ont trouvé la mort lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes. Parmi eux, Ibrahim Abou Thouraya avait perdu ses deux jambes, neuf ans plus tôt lors d'une incursion militaire israélienne à Gaza.

Depuis qu'il avait perdu ses deux jambes lors d'une attaque israélienne en 2008, Ibrahim Abou Thouraya, assis sur son fauteuil roulant, était devenu une figure incontournable des manifestations à la frontière entre Gaza et Israël. Mais le 15 décembre, il n'a pas échappé une deuxième fois à la mort.

Les images de ce Palestinien de 29 ans assis par terre et se soulevant avec les mains lors de précédentes manifestations à la frontière ont aussitôt circulé après l'annonce de son décès, lors d'une nouvelle journée de mobilisation contre la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël. Au cours de cette journée, trois autres Palestiniens ont été tués.

Il avait été blessé par les tirs d'un hélicoptère israélien [...] après avoir fait tombé un drapeau israélien et hissé un drapeau palestinien le long de la frontière

Célibataire et sans emploi, Ibrahim Abou Thouraya vivait dans la maison de ses parents depuis qu'il avait perdu ses jambes lors d'une incursion militaire israélienne près du camps de réfugiés d'Al-Bureij dans le centre de la bande de Gaza en avril 2008. «Il avait été blessé par les tirs d'un hélicoptère israélien [...] après avoir fait tombé un drapeau israélien et hissé un drapeau palestinien le long de la frontière», a expliqué à l'AFP son frère Samir.

«Mais cela ne l'a pas empêché de continuer à manifester pour Jérusalem. Il se rendait seul tous les jours à la frontière», a-t-il ajouté. Les photographes de l'AFP l'ont d'ailleurs croisé à maintes reprises lors de manifestations.

Dans une vidéo filmée vraisemblablement le 15 décembre et diffusée sur les réseaux sociaux, on voit Ibrahim Abou Thouraya brandir une nouvelle fois le drapeau palestinien et faire le signe de la victoire en direction des soldats israéliens. «Je veux aller la-bas», lance-t-il en faisant allusion à Jérusalem, alors qu'il est entouré de jeunes manifestants.

Une balle dans la tête

Il est très difficile pour les Palestiniens de la bande de Gaza d'obtenir l'autorisation des autorités israéliennes pour se rendre à Jérusalem. «Cette terre nous appartient, nous ne céderons pas. L'Amérique doit renoncer à sa décision», avait proclamé Ibrahim Abou Thouraya dans une autre vidéo, à propos de l'annonce du président Trump sur la ville sainte.

Quelques heures avant son décès, il était parvenu tant bien que mal à grimper sur un pylône électrique malgré son handicap pour y brandir un drapeau palestinien, selon des témoins et des journalistes. Ce qui est arrivé par la suite n'est pas clair.

Plusieurs milliers de Palestiniens rassemblés le long de la frontière ont lancé des pierres vers les soldats israéliens et de violents affrontements se sont produits pendant plusieurs heures. Selon le ministère de la Santé de Gaza, Ibrahim Abou Thouraya a été tué d'une balle dans la tête.

L'armée israélienne a refusé de réagir sur son cas, se contentant de faire savoir que les soldats avaient fait usage de moyens anti-émeutes et tiré de manière sélective sur les éléments les plus violents, laissant entendre qu'ils avaient tiré à balles réelles.

Israël impose un strict blocus à la bande de Gaza depuis une décennie, en vue d'isoler les islamistes du Hamas au pouvoir dans cette enclave.

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