«Au bord de la guerre nucléaire», Washington, Séoul et Tokyo lancent des exercices anti-missiles

«Au bord de la guerre nucléaire», Washington, Séoul et Tokyo lancent des exercices anti-missiles© US Navy
Le destroyer USS Stethem, illustration

Après les récents exercices des forces aériennes conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud, une nouvelle simulation commence entre Tokyo, Washington et Séoul. La Corée du Nord estime que les belligérants sont «au bord de la guerre nucléaire.»

L'armée sud-coréenne annonce ce 11 décembre que des exercices conjoints ont commencé entre Séoul, Tokyo et Washington. Cette mission consiste à repérer des missiles ennemis tirés depuis des sous-marins et se terminera le 12 décembre. Son lancement a été annoncé quelques jours après des manœuvres aériennes dans la même zone à l'initiative des Etats-Unis et de leurs alliés.

Les missiles balistiques tirés depuis des sous-marins sont plus difficiles à détecter et des craintes ont récemment émergé quant au développement d'une telle technologie par la Corée du Nord. Il a par conséquent été décidé d'impliquer l'USS Stethem et l'USS Decatur, deux destroyers américains, dans des exercices avec le Chokai japonais et le Seoae Ryu Seong Ryong sud-coréen.

Les trois corps de marine «s'entraîneront à détecter une menace et à partager les informations entre alliés», selon un porte-parole du ministère japonais de la Défense à l'AFP, ajoutant que ces simulations «allaient se traduire dans les actes par la mise en place d'une stratégie de défense contre les missiles balistiques». Il s'agit du sixième exercice de ce genre au cours des dernières années.

Un porte-parole de la Défense sud-coréenne a déclaré à l'agence de presse Yonhap : «[Nous] surveillons de très près les sites balistiques nord-coréens. Il n'y a pour l'instant aucune trace de provocation imminente, mais nous sommes entièrement préparés pour une réponse adéquate en cas de besoin.»

Une simulation en chasse une autre

Séoul a condamné le dernier essai de Pyongyang, le président sud-coréen, Moon Jae-in, l'a qualifiant de «provocation irresponsable», avant d'ajouter : «Nous devons éviter tout scénario suivant lequel [la Corée du] Nord pourrait avoir mal évalué la situation et nous menacerait d'une frappe nucléaire, sans quoi les Etats-Unis pourraient envisager une frappe préventive.»

Pyongyang a, de son côté, estimé que Donald Trump «suppliait» qu'une guerre atomique ait lieu et, après ces exercices aériens dans la péninsule coréenne, a accusé les Etats-Unis de précipiter la région «au bord de la guerre nucléaire.»

Dans ce contexte de vives tensions, une simulation aérienne du même genre que celle qui vient d'être lancée avait eu lieu entre le 4 et le 8 décembre derniers. Impliquant la Corée du Sud et les Etats-Unis, cet exercice baptisé «Vigilant Ace 18», était présenté comme le «plus important exercice militaire aérien conjoint» impliquait un contingent de 12 000 soldats et un total de 230 avions de combat. Six avions de combat F-35A et six F-22 Raptor furtifs ont été spécialement affectés à ces manœuvres.

«Double-gel» des hostilités : Moscou et Pékin plaident pour la diplomatie

La Russie et la Chine plaident de leur côté en faveur de leur plan diplomatique, dit de «double-gel» des forces en présence, appelant à une interruption des essais nucléaires opérés par Pyongyang en échange d'un arrêt des exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington.

Cette solution diplomatique a toutefois été rejetée par les Etats-Unis à l'été 2017. Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain, avait déclaré que Washington continuerait de mener à sa guise des exercices militaires avec ses alliés sud-coréens.

Lire aussi : Pyongyang estime que la guerre est inévitable parce que Washington a décidé de la provoquer

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