Suicide en plein procès de l'ex-militaire croate Slobodan Praljak : la nature du poison révélée

- Avec AFP

Suicide en plein procès de l'ex-militaire croate Slobodan Praljak : la nature du poison révélée© AFP PHOTO / ICTY
L'ancien chef militaire des Croates de Bosnie, Slobodan Praljak, accusé de crimes de guerre, ingérant du cyanure le 29 novembre.

Slobodan Praljak, le Croate de Bosnie qui s'est suicidé en avalant le contenu d'une fiole dans une salle d'audience du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye, est mort d'une insuffisance cardiaque causée par du cyanure.

«Les résultats préliminaires des analyses toxicologiques ont montré que monsieur Praljak présentait une forte concentration de cyanure de potassium dans le sang», a expliqué le 1er décembre le parquet néerlandais, dans un communiqué après l'autopsie du corps de Slobodan Praljak. «Cela a provoqué une insuffisance cardiaque, soupçonnée d'être la cause de sa mort», a-t-il ajouté.

Parallèlement, une enquête interne du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) commencera la semaine prochaine en complément de l'enquête du parquet néerlandais, sollicité par le tribunal après le dramatique incident.

Au moment où le TPIY rendait son ultime jugement, le 29 novembre, l'ancien chef militaire des Croates de Bosnie âgé de 72 ans s'est soudainement donné la mort à l'aide d'une fiole de «poison», avait raconté son avocat. Il venait de recevoir confirmation de sa condamnation à 20 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995).

L'autopsie du corps a été réalisée à Rijswijk, près de La Haye, à l'Institut médico-légal néerlandais, reconnu comme étant l'un des plus importants laboratoires de médecine légale du monde. Déjà, un test provisoire avait révélé le 30 novembre la présence d'une «substance chimique qui peut entraîner la mort», dans la fiole que Praljak avait sortie de sa poche avant d'en boire le contenu d'une seule gorgée.

Un TPI pour l'ex-Yougoslavie qui déclenche les passions

La semaine précédente, le même tribunal avait condamné à perpétuité l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Peu avant l'énoncé du verdict, le prévenu, qui plaidait non-coupable, avait été évacué de la salle d'audience du tribunal pénal international de La Haye après s'être levé et avoir crié, énervé, aux juges qu'ils mentaient. «Ce n'est pas une cour de justice de l'OTAN», avait-il notamment lancé.

Certains observateurs remettent en cause l'impartialité des jugements internationaux pour des crimes de guerre commis durant la guerre des Balkans. Parmi les 161 individus poursuivis par le TPIY, 94 sont serbes, tandis que 29 sont croates. Le tribunal se défend toutefois de tout déséquilibre et soutient que les inculpations reflètent la réalité du conflit.

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