Japon : la veuve noire condamnée à la pendaison pour avoir tué trois de ses conjoints

- Avec AFP

Japon : la veuve noire condamnée à la pendaison pour avoir tué trois de ses conjoints© Jiji Press Source: AFP
Chisako Kakehi, la veuve noire du Japon

Une ancienne millionnaire japonaise a été condamnée à mort par pendaison le 7 novembre pour les meurtres de trois de ses conjoints et une tentative de meurtre sur un quatrième, au terme d'un procès qui a captivé tout le pays.

Chisako Kakehi, 70 ans, a été surnommée la «veuve noire» au Japon, en référence à cette araignée qui dévore les mâles après l'accouplement, mais aussi «l'empoisonneuse» car elle avait parfois recours à du cyanure pour arriver à ses fins. Le 7 novembre, elle a été condamnée à mort pour avoir assassiné trois de ses compagnons et avoir tenté d'en tuer un quatrième.

«L'accusée a fait boire du cyanure avec l'intention de tuer dans les quatre cas» pour lesquels elle est jugée, a déclaré Ayako Nakagawa, juge du tribunal de Kyoto (au centre de l'archipel) où se déroule le procès de Chisako Kakehi depuis fin juin, selon des propos rapportés par la chaîne publique NHK.

Les trois meurtres et la tentative de meurtre étaient prémédités et «bien préparés» a ajouté le juge, estimant n'avoir «pas eu d'autre solution que de prononcer la peine capitale» pour ces faits.

La condamnée n'a affiché aucune émotion à l'énoncé du verdict. Portant un appareil auditif, elle avait demandé à la juge de parler fort.

Condamnée malgré une démence précoce diagnostiquée

La justice a rejeté l'argumentation des avocats de la défense qui plaidaient que l'accusée souffrait de démence et que par conséquent elle ne pouvait être pénalement responsable.

L'an dernier, des examens médicaux avait confirmé qu'elle était atteinte de démence, mais à un stade précoce, ce qui la rendait apte à comparaître, selon le tribunal.

Selon le ministère public, l'empoisonneuse supprimait ses amants après avoir veillé à être désignée par eux héritière de leur patrimoine quand ils seraient morts. En plus de dix ans, elle aura ainsi amassé une fortune d'un milliard de yens (7,6 millions d'euros environ) sous la forme d'assurance vie, de biens immobiliers et de dépôts bancaires, selon la presse.

Elle avait par la suite perdu une bonne partie de sa fortune dans des placements financiers hasardeux et avait été arrêtée en novembre 2014.

Mme Kakehi a tué «par amour de l'argent», a estimé mardi la juge Nakagawa.

Mourir avec le sourire

Depuis la mort de son premier conjoint en 1994 des suites d'une maladie, elle aurait eu, selon la presse, des relations avec une dizaine d'hommes dont six sont passés de vie à trépas. Elle s'est mariée avec quatre d'entre eux et avait fait leur connaissance via des agences matrimoniales qui lui présentaient, à sa demande, des hommes âgés, fortunés, sans enfants et vivant seuls.

Du cyanure a été retrouvé dans les corps d'au moins deux de ses anciens conjoints, et les enquêteurs ont retrouvé des traces du poison dans les poubelles de sa maison à Kyoto.

Dans un autre appartement qu'elle possédait à Kyoto, les enquêteurs ont aussi retrouvé  du matériel pour administrer des médicaments, ainsi que des ouvrages de médecine.

Le quatrième époux donnait trop d'argent à d'autres femmes, selon l'empoisonneuse

Chisako Kakehi avait d'abord clamé son innocence, puis refusé de parler au début de son procès, mais elle a ensuite créé la surprise en juillet en avouant avoir tué son quatrième époux, en 2013.

«Je l'ai tué [...] parce qu'il donnait à d'autres femmes des dizaines de millions de yens, mais à moi il ne donnait rien», a-t-elle dit au tribunal selon l'agence de presse Jiji.

Elle avait déclaré plus tard aux juges être prête à affronter la peine capitale: «Même si j'étais exécutée demain, je mourrais avec le sourire». 

Cependant ses avocats ont décidé mardi de faire appel devant une plus haute juridiction, ce qui pourrait prolonger ce feuilleton judiciaire hors norme au Japon.

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