Deux truies dépecées en public : un charcutier suisse déclenche la polémique

Deux truies dépecées en public : un charcutier suisse déclenche la polémique© Laszlo Balogh Source: Reuters
Un candidat à la compétition charcutière de Kakucs en Hongrie, janvier 2016

150 personnes se sont réunies pour un spectacle peu banal dans un petit village suisse : une équipe de charcutiers leur a montré comment abattre et découper un porc. La vingtaine d'opposants présents ont comparé leurs méthodes à celles de Daesh.

A l'en croire, le charcutier Rolf Häring voulait simplement faire montre de la qualité de son travail tout en ravivant la flamme d'une tradition suisse disparue : l'abattage porcin en public, appelé Metzgete. C'était sans compter sur le climat actuel autour de la souffrance animale.

Lors d'un événement organisé par la boucherie-charcuterie artisanale Häring, le 29 octobre à Sissach, un village suisse proche de Bâle, quelque 150 personnes, dont plusieurs enfants, se sont réunies dès 8h du matin autour d'un drôle de rituel : deux truies abattues et dépecées sur la place publique.

Les artisans charcutiers comparés à Daesh

Selon les informations du site DW.com, une vingtaine d'activistes ont également fait le déplacement pour protester contre l'événement. Les opposants à cet abattage public brandissaient des pancartes faisant figurer des cochons morts et ornées de slogans tels que : «Leur souffrance pour votre plaisir !», ou encore «Les animaux ont des sentiments, les animaux souffrent !»

Les activistes présents sur place auraient également comparé cette méthode d'abattage aux pratiques de Daesh et estimé qu'il s'agissait d'une exécution publique.

Une tradition plus humaine que «l'abattage à la chaîne», selon le charcutier

Les charcutiers, quant à eux, ont assuré qu'ils souhaitaient simplement attirer l'attention sur leur savoir-faire artisanal, qui prônerait une méthode plus humaine que celle de la filière industrielle qui tue jusqu'à 25 000 têtes par jour. «Nous ne sommes pas ici pour divertir les gens, mais pour leur montrer qu'il existe des alternatives plus humaines que l'abattage à la chaîne, et qu'un porc n'est pas seulement constitué de filets et de jambon», a déclaré Rolf Häring au quotidien régional Basellandschaftliche Zeitung.

Dans la tradition suisse du Metzgete, les porcs étaient engraissés tout l'été avant d'être abattus en public à l'automne parce qu'il était difficile de les nourrir au cours de l'hiver. Les parties les plus fragiles étaient alors consommées le jour même (tête, sang, abats et viscères).

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