Corée du Nord, Syrie, JO... Retour sur les points forts du discours de Poutine au Club Valdaï

Corée du Nord, Syrie, JO... Retour sur les points forts du discours de Poutine au Club Valdaï © Evgenia Novozhenina Source: Sputnik
(Image d'illustration)

S'exprimant lors de la 14e édition du Club Valdaï sur les grands enjeux mondiaux, le maître du Kremlin a entre autres rappelé son attachement à la résolution diplomatique des tensions et son rejet des politiques de déstabilisation. Morceaux choisis.

Comme chaque année, la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi était l'occasion pour le président russe d'exprimer le point de vue du Kremlin sur quelques-uns des plus importants dossiers de l'actualité internationale. Vladimir Poutine a pris la parole, le 19 octobre, lors de la session plénière clôturant l'événement, qui avait pour thème : «Monde du futur : de la confrontation à la harmonie.»

Même les nœuds les plus complexes, qu'il s'agisse de la crise syrienne ou libyenne [...] doivent être dénoués et non tranchés

Globalement, Vladimir Poutine a estimé que la communauté internationale devait absolument user de la voie diplomatique pour régler les sujets de tensions majeurs. «Toute contradiction doit être résolue de manière civilisée. La Russie se prononce toujours en faveur de cette approche. Nous sommes fermement convaincus que même les nœuds les plus complexes, qu'il s'agisse de la crise syrienne ou libyenne, sur la péninsule coréenne ou en Ukraine, doivent être dénoués et non tranchés», a ainsi déclaré le président, devant des experts russes et d'anciens dirigeants étrangers.

Corée du Nord : la nécessité du dialogue

Sur les tensions entre Washington et Pyongyang, qui ont atteint leur paroxysme depuis cet été, Vladimir Poutine a, une nouvelle fois, rappelé la position de la Russie qui promeut la concertation. «Il est certainement nécessaire de résoudre ce problème par le dialogue, de ne pas coincer la Corée du Nord, de ne pas la menacer du recours à la force, de ne pas sombrer dans la grossièreté ou les injures», a-t-il martelé.

Alors que l'escalade verbale entre Donald Trump et Kim Jong-un se poursuit, la Russie et la Chine plaident en faveur d'une solution dite du «double gel» : suspension du programme nucléaire et balistique nord-coréen contre l'arrêt des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Désarmement nucléaire : oui, la Russie y est favorable

Sur la question des arsenaux nucléaires, au cœur du dossier nord-coréen, le président russe a affirmé sans ambages que Moscou souhaitait le désarmement mondial. «A la question de savoir si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je répondrai : oui, il est possible. La Russie veut-elle le désarmement nucléaire total ou pas ? La réponse est également affirmative : oui, elle le veut et fera tout pour y parvenir», a-t-il assuré.

Et de souligner : «Je dois dire que nous y sommes aussi prêts parce que nous observons avec attention ce qui se passe dans le monde».

Moyen-Orient : Moscou dénonce ceux qui entretiennent le «chaos»

Le Moyen-Orient, et plus particulièrement la Syrie, ne pouvaient être absents de l'intervention de Vladimir Poutine sur les grands enjeux internationaux. Selon lui, l'action de certains Etats provoque ou accentue l'instabilité de la région, nourrissant ainsi le terrorisme.

Certains de nos collègues font tout pour conférer au chaos [au Moyen-Orient] un caractère permanent

«Au lieu d'inverser collectivement la situation, de porter un coup réel au terrorisme, et non pas de feindre de lutter contre ce dernier, certains de nos collègues font tout pour conférer au chaos dans la région un caractère permanent», a indiqué le président russe. A l'inverse, le maître du Kremlin relève que Moscou fait face au terrorisme en agissant conjointement avec «les autorités légitimes de Syrie et d'autres pays de la région». 

Et le président russe d'ajouter : «Beaucoup de contradictions subsistent dans la région, mais nous nous sommes armés de patience et c'est avec patience, de façon très prudente, en calculant chaque pas et chaque mot, que nous travaillons avec tous les participants à ce processus». Une coopération efficace, puisque selon le chef d'Etat, Damas et Moscou devraient bientôt vaincre les terroristes en Syrie.

Ce que l'Arabie saoudite doit craindre, c'est que les Etats-Unis viennent un jour la démocratiser

En outre – concernant le Moyen-Orient toujours – interrogé sur la solidité des relations entre la Russie et l'Arabie saoudite, et plus précisément sur le fait de savoir si Riyad ne risquait pas de demeurer plus proche de Washington que de Moscou, Vladimir Poutine a répondu : «Ce que l'Arabie saoudite doit craindre, c'est que les Etats-Unis viennent un jour la démocratiser».

L'UE à l'origine d'une vague séparatiste ?

A l'heure de la crise catalane et de la déclaration d'indépendance du Kurdistan irakien rejetée par Bagdad, Vladimir Poutine a renvoyé l'Union européenne à ses responsabilités dans le réveil des mouvements séparatistes dans le monde.

«Au sujet de la situation en Catalogne, nous avons constaté que l'Union européenne avait condamné unanimement [...] les partisans de l'indépendance», a-t-il déclaré, ne manquant pas l'occasion de renchérir sur le cas du Kosovo : «En la matière, je dois leur dire : vous [Européens] auriez dû y penser avant.» 

Priver la Russie des JO de Pyeongchang ferait «beaucoup de mal au mouvement olympique»

Outre les grandes questions de politique internationale, le président russe a évoqué celle de la présence de son pays aux Jeux olympiques d'hiver, qui auront lieu à Pyeongchang, en Corée du Sud, du 9 au 25 février 2018. Alors que le Comité international olympique (CIO) cherche à déterminer dans quelles conditions les sportifs russes pourront y participer malgré le scandale de dopage qui les touche, Vladimir Poutine a déclaré : «Il y a deux options : forcer la Russie à participer sous drapeau neutre ou ne pas l'autoriser du tout aux Jeux olympiques. Les deux constituent une humiliation pour le pays.»

Le maître du Kremlin a également jugé que ces options feraient «beaucoup de mal au mouvement olympique». En outre, selon lui, le CIO subirait la pression «des sponsors et des chaînes de télévision» et ses sponsors céderaient à leur tour «aux signaux sans ambiguïté des instances américaines» pour suspendre la Russie de la compétition sportive.

Lire aussi : Poutine promet une réplique «rapide» en cas de restrictions des médias russes aux Etats-Unis

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