Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Asia Argento accusent Harvey Weinstein d’agression sexuelle

Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Asia Argento accusent Harvey Weinstein d’agression sexuelle© Dimitrios Kambouris
Harvey Weinstein assistant à une cérémonie en juin 2017 à Los Angeles.

Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Asia Argento, Rosanna Arquette et trois victimes présumées de viol ont porté de nouvelles accusations le 10 octobre contre Harvey Weinstein, célèbre producteur hollywoodien, que sa propre compagnie vient de licencier.

Les affaires se corsent pour Harvey Weinstein, célèbre producteur d’Hollywood, accusé de harcèlement sexuel par la presse américaine depuis le 5 octobre. Le New York Times a en effet fait paraître ce jour-là une enquête dans laquelle une dizaine de femmes se confient sur les assauts qu'elles auraient subis, plongeant le magnat dans la tourmente. Le 10 octobre, Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie ont rejoint le groupe de femmes initial pour appuyer leur propos. Et surtout, le même jour, trois femmes l’ont accusé de viol dans un article du New Yorker. L'ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, qui a bénéficié des dons du millionnaire durant sa campagne, a publié dans la foulée un communiqué. «Tout homme qui diminue et dégrade l'image des femmes, doit être condamné et rendu responsable, quel que soit son statut ou sa fortune», a-t-il écrit.

Les plus grandes stars d'Hollywood accablent Weinstein

Gwyneth Paltrow a confié au New York Times paru le 10 octobre, que l’incident la concernant avait eu lieu quand elle avait 22 ans, après qu'elle eut signé le premier rôle d'Emma, une adaptation cinématographique du roman de Jane Austen qui ferait d’elle une star. Au sortir d’un rendez-vous au Peninsula Beverly Hills Hotel, le producteur aurait placé ses mains sur elle et aurait suggéré qu’ils aillent dans la chambre pour un massage, selon sa version des faits. Elle aurait refusé, tout en étant terrorisée par d'éventuelles répercussions. «J’étais une enfant, on m'avait signée, j’étais pétrifiée», a-t-elle révélé lors de l'interview. Elle confia cet épisode à son petit ami de l’époque, l'acteur Brad Pitt, qui alla confronter le producteur. Peu de temps après, Harvey Weinstein aurait intimé l'ordre à la comédienne de ne parler de cet incident à personne.

Angelina Jolie a elle aussi témoigné au New York Times, évoquant des avances qui lui auraient été faites dans une chambre d'hotel, qu’elle a repoussées. «J’ai eu une mauvaise expérience avec Harvey Weinstein pendant ma jeunesse, et en conclusion, j'ai choisi de ne plus travailler avec lui et j'ai prévenu les autres quand ils ont collaboré avec lui», écrit-elle. 

Une seconde enquête dans le New Yorker parue le 10 octobre, a encore plus terni l’aura du producteur. Le comportement d’abuseur du producteur serait un secret de polichinelle dans le milieu depuis plus de 20 ans, mais le New Yorker n’avait jamais réussi à réunir des témoignages. Les langues se délient enfin, et l’enquête du journal étalée sur 10 mois fait état d'allégations d’agression sexuelles, notamment de fellations et de pénétrations forcées. Les journalistes du magazine diffusent également un extrait audio dans lequel le producteur menace et insiste pour qu’une jeune mannequin, Ambra Guttierez, dont il avait touché les seins la veille, assiste à sa douche.

Des témoignages terrifiants sont recensés. Le producteur, au sortir d’une douche et en peignoir, aurait forcé Rosanna Arquette à toucher son pénis, qui prise de panique, se serait enfuie. En 2010, l’actrice française Emma de Caunes, à qui il promettait un rôle, l’aurait vu lors du rendez-vous dans une chambre d'hôtel surgir nu et en érection face à elle, après quoi elle aurait pris la fuite.

L’actrice italienne Asia Argento n’avait que 21 ans en 1997 quand Harvey Weinstein l’aurait attirée dans un traquenard à l’hôtel Eden Roc, où elle aurait été conduite par son producteur qui prétendait qu'une soirée s’y déroulait. Elle se serait retrouvée en fait seule avec Weintein, en peignoir comme à son habitude, qui lui aurait demandé un massage. Elle se serait exécutée de mauvaise grâce, mais il aurait relevé sa jupe et commencé une relation sexuelle orale alors qu’elle lui demandait de s’arrêter. Elle explique au New Yorker : «Il me terrifiait, il était si imposant. Il ne voulait pas s’arrêter, c’était un cauchemar.» Mais totalement désorientée, elle dit avoir fini par se laisser faire. S’ensuivirent plusieurs années de culpabilité où elle reconnaît avoir eu quelques relations consenties avec lui. «Des décennies plus tard, le sexe oral est toujours gâché pour moi», avoue-t-elle. «J'ai été abîmée. Rien qu'en parler me donne des frissons», explique l'actrice.

La réputation et la sévérité de l’homme qui promettait de détruire ses victimes par voie de presse ont eu raison des plaintes des femmes. Par exemple, Ambra Gutierrez est allée à la police en 2015, mais des articles ont paru dans la presse, mettant en cause sa crédibilité. L’enquête a aussi mis à jour les machinations de Harvey Weinstein, se servant des personnes de la compagnie pour mettre en confiance les jeunes filles, ou impliquant une femme censée venir aux réunions de travail, mais qui n’y assistait pas, laissant le prédateur seul en face de ses victimes.

Le scandale prend de l'ampleur, mais l'intéressé nie 

La scandale est arrivé avec l'enquête initiale du New York Times qui a révélé huit accords amiables passés pour étouffer des allégations de harcèlement sexuel, notamment avec l'actrice Ashley Judd à qui il aurait demandé de le regarder prendre sa douche dans une chambre d'hôtel. Des collaboratrices se seraient vues confrontées à du chantage sexuel et une journaliste a confié au Huffington Post que le producteur l'avait contrainte à le regarder se masturber.

Le 5 octobre, dans une tentative pour endiguer le scandale qui faisait rage, Harvey Weinstein a répondu aux questions du Times : «Je mesure que mon comportement avec mes collègues dans le passé a pu causer de la souffrance. Et je m’en excuse sincèrement.» Ce semi aveu n'a pas empêché sa porte-parole, Sallie Hofmeister, de réfuter les accusations dans une déclaration au New Yorker : «Toutes les allégations de sexe non consenti sont niées par Monsieur Weinstein sans équivoque.» 

Les premières répercussions pour le producteur n'ont pas tardé : il a été licencié le 8 octobre de sa propre compagnie. Sa femme Georgina Chapman l'a quitté.

L'homme si puissant, idole d'Hollywood, avait jusqu'ici bénéficié du silence de ses victimes présumées et de ses collaborateurs. Il a pu construire une éblouissante carrière, finançant des films à succès tels que Pulp Fiction, Kill Bill, Gangs of New York, The Artist, Carol, Shakespeare in love, Le patient anglais... Les œuvres de Miramax et de la Weinstein Company ont accumulé 303 nominations et récolté 75 statuettes aux Oscars. Harvey Weinsten possède une fortune de 150 millions d'euros. Des fonds dont il a fait bénéficier des causes comme la lutte contre le sida, contre la pauvreté, ou pour la couverture santé universelle aux Etats-Unis. Partisan des démocrates, il a aussi contribué au financement des campagnes de Barack Obama et d'Hillary Clinton. 

 

 

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