Jet de pierres contre le premier ministre serbe à Srebrenica

Jet de pierres contre le premier ministre serbe à Srebrenica© Antonio Bronic Source: Reuters
Le premier ministre serbe Aleksandar Vucic lors des vingt ans du massacre de Srebrenica.

Le premier ministre serbe Aleksandar Vucic a été touché à la tête par un jet de pierre, lors de la commémoration du 20ème anniversaire du massacre de Srebrenica.

Cette cérémonie était censée faire parti du processus de réconciliation entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Vingt ans après le massacre de Srebrenica, qualifié de «génocide» par la communauté internationale, le premier ministre serbe Aleksandar Vucic s'est toujours abstenu d'employer ce mot, alors même qu'il assistait à la commémoration, entouré d'une foule majoritairement bosniaque.

Le Premier ministre venait de déposer des fleurs devant le monument sur lequel sont inscrits les noms des 6 200 victimes identifiées lorsque la foule s'est mise à scander «Allahou Akbar» (Dieu est grand en arabe) et à jeter des pierres dans sa direction. L'un des projectiles est parvenu à l'atteindre au visage, selon l'agence officielle serbe Tanjug. Il a alors quitté précipitamment le mémorial, entouré de ses gardes du corps. D'après Tanjug, la pierre qui l'aurait blessé aurait également brisé ses lunettes.

Le calme est revenu lorsqu'un imam a commencé à prononcer une prière, poussant ainsi la plupart des fidèles à se tourner pour prier, en attendant la mise en terre des 136 victimes du massacre récemment identifiées.

En savoir plus : La Bosnie pleure les victimes de Srebrenica identifiées récemment

Cette cérémonie avait pour but de rendre hommage aux 8 000 victimes du massacre de Srebrenica. En janvier 1995, des hommes et des garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie-Herzégovine, soit le plus grand massacre qu'ait connu l'Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Un traumatisme pour la Bosnie-Herzégovine, qui venait de quitter la Yougoslavie. Les leaders politiques et militaires des Serbes de Bosnie de l'époque, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, accusés d'être à l'origine de l'acte, sont aujourd'hui jugé par le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPY), qui a déjà prononcé cinq condamnations pour génocide.

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