Pour Moscou, les sanctions anti-russes de l'UE au sujet des turbines Siemens sont illégales

Pour Moscou, les sanctions anti-russes de l'UE au sujet des turbines Siemens sont illégales© Maurizio Gambarini Source: www.globallookpress.com
Des turbines Siemens (image d'illustration)

Le ministère russe de l'Energie a jugé que l'UE avait violé le droit international en plaçant sur liste noire trois entreprises et trois ressortissants russes, qu'elle accuse d'avoir détourné vers la Crimée des turbines fabriquées par Siemens.

«Le ministre de l'Energie russe n'a aucun doute sur le fait que l'Union européenne (UE) a pris cette décision sur la seule base de considérations politiques», a déploré l'administration dans un communiqué du 5 août, cité par Reuters, en réaction aux sanctions prises la veille par la Commission européenne.

«Cette interférence dans un différend entre deux entités commerciales est une violation directe du droit international», a souligné le ministère russe de l'Energie.

Le 4 août, la Commission européenne a ajouté à la liste des personnalités et entreprises sanctionnées par l'UE pour le rattachement de la Crimée à la Russie, trois ressortissants et trois entreprises russes. Ils sont accusés d'avoir livré en Crimée des turbines à gaz Siemens.

Parmi ces personnes sanctionnées : Andreï Tcherezov, le ministre russe adjoint de l'Energie, et Evgueni Grabtchak, le chef du département russe de contrôle et de gestion de l'industrie et de l'électricité. Ils sont donc désormais interdits de déplacement au sein de l'Union européenne et leurs actifs y sont gelés.

Une décision «profondément regrettable»

«La décision de Bruxelles d'inclure sur la liste des sanctions de l'UE plusieurs responsables politiques et entreprises russes, en guise de mesure de rétorsion à la soi-disant "illégitime" livraison à la Crimée de turbines de gaz du groupe Siemens est profondément regrettable», avait déjà déclaré le 5 août le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué.

Depuis le référendum sur le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie de mars 2014, la péninsule est soumise à des sanctions de l'UE et des Etats-Unis, qui interdisent aux entreprises occidentales d'y avoir des activités commerciales. Or, en juillet dernier, Siemens a déclaré que quatre de ses turbines à gaz conçues pour un projet énergétique à destination de Taman (dans la région de Krasnodar, en Russie, non loin de la Crimée), avaient finalement été livrées «illégalement» en Crimée par un entrepreneur russe. 

Après son rattachement à la Russie, la Crimée a fait face à d'importants problèmes d'électricité dans la mesure où le réseau électrique était en grande majorité alimenté par l'Ukraine. En novembre 2015, l'état d'urgence a été décrété dans la péninsule en raison de la gigantesque panne d'électricité provoquée par l'explosion de quatre lignes électriques ukrainiennes qui fournissaient de l'électricité à toute la région. La situation a fini par être résolue avec l'installation d'un câble de transmission posé dans le détroit de Kertch, qui sépare la Crimée de la Russie continentale.

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