Accusé de «crime d'agression», Tony Blair ne pourra pas être poursuivi pour la guerre en Irak

Accusé de «crime d'agression», Tony Blair ne pourra pas être poursuivi pour la guerre en Irak© i-Images/ Global Look Press
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La Haute Cour de Justice britannique a bloqué la tentative d'un général irakien d'attaquer Tony Blair pour l'invasion de l'Irak en 2003. Des militants dénoncent une tentative de la justice de protéger l'ex-Premier ministre.

La tentative du général irakien Abdul Wahed Shannan Al Rabbat a échoué. Il cherchait à attaquer en justice l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour son rôle dans la guerre en Irak. Le général l'accusait d'avoir commis «un crime d'agression» en envahissant l'Irak en 2003, afin de faire tomber son dirigeant, Saddam Hussein.

John Thomas et Duncan Ouseley, deux magistrats de la Haute Cour, ont rejeté la demande du général, affirmant qu'elle n'avait «aucune chance» de succès. Pour justifier ce rejet, leur jugement citait une décision prise par la Chambre des lords, chambre haute du parlement britannique, en 2006, selon laquelle le «crime d'agression» n'est pas un chef d'accusation sous les législations existantes en Angleterre et au Pays de Galles.

Outre Tony Blair, le haut gradé irakien veut traduire en justice deux autres ex-ministres clés de son gouvernement : Jack Straw, secrétaire aux Affaires étrangères et le procureur général Peter Goldsmith.

Le tribunal d'instance de Westminster avait refusé en novembre 2016 de convoquer les anciens ministres, qui bénéficiaient de l'immunité.

Le Royaume-Uni faisait partie de la coalition menée par les Etats-Unis qui a opéré l'invasion militaire de l'Irak en 2003. George W. Bush et Tony Blair accusaient alors Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive. 

Citant les conclusions du rapport Chilcot, qui révélait en 2016 que toutes les solutions pacifiques à la crise n'avaient pas été exploitées lorsque Tony Blair avait donné son aval à l'invasion militaire, Michael Mansfield, avocat du général Al Rabbat, estimait pour sa part que la poursuite de Tony Blair était justifiée. 

L'épais document commandé en 2009 pour éclaircir les motifs de l'intervention britannique en Irak, avait en outre conclu que cette dernière s'était basée sur le prétexte que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive, ce qui s'était avéré faux. 

Des militants accusent la justice de protéger Tony Blair

Selon Chris Nineham, fondateur de l'association britannique Stop the War Coalition, créée peu après l'attentat du 11 septembre 2001 pour lutter contre les guerres jugées illégitimes, la décision de la Haute Cour fait partie d'un «effort concerté et coordonné de l'establishment pour protéger Tony Blair». 

«Le rapport Chilcot a montré dans les faits que Blair avait systématiquement trompé le peuple britannique, fait campagne pour un changement de régime illégal et sciemment mené une guerre qui n'était pas nécessaire. Le comportement de l'establishment britannique depuis [la publication du] rapport Chilcot a révélé un immense mépris pour la justice et la démocratie» a-t-il dénoncé. 

Selon le site Iraq Body Count, qui recense le nombre de victimes dans le conflit, plus de 178 000 civils irakiens ont perdu la vie depuis le début de la guerre. 

Lire aussi : Vengeance et pétrole : «La guerre en Irak était la solution pour éviter d'instaurer une démocratie»

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