Le Parlement européen apporte son soutien à l'opposant politique bahreïni Nabil Rajab

Nabeel Rajab© Hamad I Mohammed Source: Reuters
Nabeel Rajab

Une résolution du Parlement de l'UE exhorte le gouvernement bahreïnite à mettre fin à toutes les violations des droits de l'homme et à interdire les exportations de gaz lacrymogènes vers le pays, où le militant Nabil Rajab est toujours emprisonné.

Hier, le Parlement européen a adopté une résolution sur la situation des droits de l'homme à Bahreïn à une grande majorité, suggérant notamment la création d'un groupe de travail sur les droits de l'homme entre l'UE et Bahreïn.

Le document appelle à la «libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d'opinion, militants politiques, journalistes, des défenseurs des droits de l'homme et manifestants pacifiques» avec un accent particulier sur les cas de l'activiste politique emprisonné Nabil Rajab, président du Centre bahreïnite des droits de l'homme humains (BCHR) et de Abdulhadi al-Khawaja, co-fondateur du BCHR, ainsi que Ibrahim Sharif, secrétaire général de la séculaire laïque Democratic action Society, qui a déjà été libéré de prison en Juin.

«Il est important que nous reconnaissions les échecs et les insuffisances. Le cas de Nabill Rajab est emblématique de l'existence d'une vraie répression et d'abus en ce qui concerne les droits de l'Homme. Nous souhaitons l'abbandon de toutes les poursuites», a déclaré Alyn Smith, un des auteurs de la résolution, lors d'une discussion avant le vote.

«Bahreïn est un allié clair de l'Union européenne et un partenaire important dans la région. Cela pourrait être une très bonne nouvelle pour les droits de l'Homme au Moyen-Orient. Il y a des progrès et un dialogue permanent», a-t-il ajouté.

Une campagne internationale de soutien à la libération de Nabil Rajab à été lancée par Amnesty International et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, organisation dont il est le secrétaire général adjoint. 

La résolution suggère également que l'UE interdise l'exportation de gaz lacrymogènes le temps de l'enquète sur une utilisation impropre et abusive de ces derniers sur les manifestants, selon le communiqué de presse.

Nabeel Rajab avait été condamné en janvier dernier à six mois de prison pour «insultes envers les institutions publiques et l’armée» sur Twitter. Sur le tweet en question, l'opposant politique au régime bahreïni avait laissé entendre que les agences bahreïnites de sécurité avaient agi comme des «incubateurs d’idéologies extrémistes» pour des Bahreïnites qui se sont ensuite rendus en Irak et en Syrie afin de rejoindre Daesh. Il avait également décrit la guerre contre le Yemen, menée par une coalition d'Etats menée par l'Arabie Saoudite et à laquelle Bahreïn s'est joint, comme «une violation de la loi internationale».

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Selon la FIDH, depuis 2011, il a fait l’objet de huit poursuites pénales. Il a ainsi passé 28 des 36 derniers mois en prison.

«Je ne fais partir d'aucune organisation armée ou violente d'opposition.  Je suis un défenseur des droit de l'Homme qui n'a rien d'autre que sa plume et sa langue. Je ne fais qu'écrire et parler», a déclaré Rajab à RT.

Outre le cas de Nabil Rajab, le sort d'autres opposants politiques bahreïnis sont préoccupants. Ainsi fin juin, un chef de l'opposition, le cheikh chiite Ali Salman, a été condamné à quatre ans de prison pour «incitation publique à la haine et à la désobéissance».

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Pourtant, ce débat intervient alors que le petit royaume du Bahreïn vient de voir levées les sanctions que les Etats-Unis avaient prises après la répression des manifestations de 2011. Dans la foulée, les Etats-Unis ont levé le gel de l'aide militaire apportée par eux au pays. Selon l'ONG Human Rights First qui condamne cette aide militaire, «l'administration Obama devrait tout faire pour stopper le sectarisme au Moyen-Orient, plutôt que d'envoyer plus d'armes pour soutenir l'armée bahreïnie».

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