La Cour suprême de Londres rejette la proposition d'interdiction des ventes d’armes à Riyad

La Cour suprême de Londres rejette la proposition d'interdiction des ventes d’armes à Riyad© Anees Mahyoub / Reuters
Une image du Yémen, où l'Arabie saoudite mène une campagne de bmbardements

La Cour suprême de Londres a jugé le 10 juillet que les ventes d'armes de la Grande-Bretagne à l'Arabie saoudite étaient «légales». Un contrôle judiciaire avait été réclamé par l'organisation Campaign Against the Arms Trade (CAAT).

La plus haute autorité judiciaire britannique a jugé le 10 juillet qu'il n'y avait pas de risque que Riyad viole le droit humanitaire international dans le conflit qui l'oppose au rebelles Houtis au Yémen, et qu'en conséquence la Grande-Bretagne pouvait continuer à vendre des armes à l'Arabe saoudite, rapporte Reuters.

«L'Arabie saoudite a été, et demeure, véritablement engagée à respecter le droit international humanitaire. Et il n'y avait pas de "risque réel" qu'il puisse y avoir des "violations graves" du droit humanitaire international qui fassent que les ventes d'armes britanniques à l'Arabie saoudite aient à être suspendues ou annulées», a jugé la cour.

Le risque que l'Arabie saoudite viole le droit international humanitaire est «très réel», selon le CAAT

Ce jugement fait suite au recours de l'organisation Campaign Against Arms Trade (CAAT), qui avait cherché à bloquer les licences d'exportation des bombes de fabrication britannique ou encore des avions de combat utilisés par la coalition arabe dirigée par Riyad dans le conflit au Yémen.

«C'est un verdict très décevant et nous allons faire appel», a assuré Andrew Smith, un des responsable de CAAT cité par l'agence de presse Reuters. «Si ce verdict est confirmé, il sera considéré comme un feu vert pour que le gouvernement continue d'armer et de soutenir les dictatures brutales qui violent les droits de l'homme. Comme l'Arabie saoudite qui a montré un flagrant mépris pour le droit international humanitaire», a-t-il poursuivi, cité par Reuters.

L'avocate de CAAT Rosa Curling a pour sa part estimé que rien, dans les preuves présentées par le gouvernement britannique à la cour, ne montrait que le risque n'existait pas. «Toutes les preuves que nous avons vues en provenance du Yémen montrent le contraire : le risque est très réel. Il suffit de regarder la terrible réalité de la situation là-bas», a-t-elle ajouté.

Selon l'ONU, le conflit au Yémen a fait plus de 8 000 morts et 45 000 blessés, dont la moitié de civils. En janvier dernier, un rapport de l’ONU enquêtant sur des frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite a conclu que la plupart étaient le résultat d'un «processus de ciblage inefficace», et estimé comme «pratiquement certain» le non respect par la coalition des exigences du droit international humanitaire.

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