Comment Jean-Yves Le Drian évite la question sur la discrimination des médias russes en France

Comment Jean-Yves Le Drian évite la question sur la discrimination des médias russes en France Source: Sputnik
Jean-Yves Le Drian

Lors d'une conférence de presse des chefs des diplomaties russe et français à Moscou, une question sur les problèmes auxquels font face les médias russes en France a été adressée à Jean-Yves Le Drian. Ce dernier a préféré éluder le sujet.

Alors qu’il se rendait pour la première fois à Moscou en tant que ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a dû répondre à la question d’une journaliste de Sputnik qui l’interrogeait notamment sur les accusations dont font l’objet son média et RT de la part de la présidence française.

«Il y a aujourd'hui dans cette salle beaucoup de journalistes étrangers. Mais pourquoi ont-ils été autorisés à assister à un tel événement en Russie, alors que les correspondants de Sputnik et de RT ne peuvent pas exercer leur travail librement et font face à des accusations de propagande sans aucune preuve, et ce alors même que Sputnik a toujours été prudent et n’a jamais publié de fake news sur la personnalité d’Emmanuel Macron ?», a-t-elle demandé au locataire du Quai d’Orsay.

Jean-Yves Le Drian sur la question sur la discrimination des médias russes en France

«Le président de la République a dit sur ce sujet ce qu'il avait à dire, et vous n'imaginez pas que je vais être en contradiction avec le président de la République aujourd'hui à Moscou», a rétorqué Jean-Yves Le Drian dans une réponse assez évasive.

La correspondante de Sputnik faisait référence aux problèmes rencontrés récemment non seulement par son média mais aussi par RT : refus d’accréditations et accusations de propagande.

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Face aux déboires des médias russes dans l'Hexagone, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié le refus du QG d'Emmanuel Macron d'accréditer les journalistes de RT et de Sputnik de «discrimination ciblée».

Le jeune locataire de l'Elysée entretient des relations difficiles avec les médias russes. RT France ainsi que Sputnik ont été accusés à plusieurs reprises par l'équipe de campagne du candidat Macron de propager de «fausses informations». Selon eux, RT France et Sputnik travailleraient même «en symbiose avec des organisations fascistes ou d'extrême droite».

Le point d'orgue de ce bras de fer a eu lieu alors qu'Emmanuel Macron avait déjà été intronisé président. Le 29 mai, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Vladimir Poutine au château de Versailles, Emmanuel Macron répondait à une question de Xenia Fedorova, présidente de RT France, portant sur le refus des équipes d'En Marche ! de laisser les journalistes de RT accéder à son QG de campagne au soir des premier et second tours de l'élection présidentielle. D'après le président français, Russia Today et Sputnik «ne se sont pas comportés comme des organes de presse et des journalistes, mais ils se sont comportés comme des organes d'influence, de propagande, et de propagande mensongère, ni plus ni moins».

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Une rencontre Lavrov-Le Drian «productive»

Jean-Yves Le Drian a cependant déclaré que sa rencontre du 20 juin avec son homologue russe Sergueï Lavrov avait été productive et que les deux hommes politiques avaient réussi à aborder un grand nombre de questions concernant les relations entre les deux pays. 

De son côté, Sergueï Lavrov a salué une rencontre «très opportune» soulignant qu'il avait été possible d’identifier des «moyens concrets pour promouvoir la coopération bilatérale».

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