Fortes tensions au Maroc après la tentative d’arrestation d’un leader de la contestation populaire

- Avec AFP

Fortes tensions au Maroc après la tentative d’arrestation d’un leader de la contestation populaire© capture d'écran de Ruptly
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La situation était tendue le 26 mai à Al-Hoceïma, au nord du Maroc après une tentative d'arrestation du leader de la contestation populaire dans cette région du Rif, théâtre depuis six mois d'un mouvement de protestation.

Selon les autorités marocaines, Nasser Zefzafi, le leader du mouvement «hirak» (la mouvance) a «interrompu le prêche de l'imam lors de la prière du vendredi [le 26 mai]» à la mosquée Mohamed V d'Al-Hoceïma.

Il «a perturbé gravement la prière, il a insulté le prédicateur. Ce qu'il a fait ce matin est un acte sans précédent», a accusé le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Toufik, dénonçant un «délit grave» et annonçant l'arrestation de Nasser Zefzafi.

Un proche de Nasser Zefzafi qui a souhaité garder l'anonymat a expliqué que ce dernier avait en fait réussi à échapper aux policiers, venus l'interpeller à la sortie de la mosquée. Des profils Facebook de partisans du «hirak» ont, pour leur part, fait état d'une «tentative d'arrestation».

Peu après, Nasser Zefzafi est intervenu en direct sur les réseaux sociaux depuis le toit de sa maison à Al-Hoceïma, entouré de quelques proches et d'une foule de partisans. «Je n'ai pas peur. S'ils veulent m'arrêter, qu'ils viennent. S'ils m'arrêtent, je ferai une grève de la faim», a-t-il lancé dans cette vidéo.

Dans un autre vidéo, publiée peu après et où il apparaît seul à l'écran dans une pièce sur fond blanc, il dit être «sain et sauf». «Restez tranquille, pas de panique», a-t-il déclaré, appelant ses partisans «au calme» et «à marcher pacifiquement».

Une source autorisée au ministère de l'Intérieur a confirmé qu'il n'avait pas été arrêté, faisant par ailleurs état de jets de pierres sur les forces de l'ordre.

«Zefzafi est toujours libre de ses mouvements, mais la situation est tendue et agitée dans la ville, ça pourrait vite dégénérer», a prévenu un proche et ami du leader du «hirak», alors que les forces de l'ordre se sont déployées en nombre dans cette ville de 56 000 habitants.

Selon des vidéos diffusées en direct sur les réseaux sociaux, des groupes de jeunes se rassemblaient dans les rues, notamment sur une place du centre-ville, où les partisans de la contestation ont coutume de se réunir.

Dans la région du Rif, réputée frondeuse et conservatrice, la province d'Al-Hoceïma est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort, fin octobre 2016, d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

L'incident avait suscité l'indignation dans le pays, prenant la forme d'un mouvement plus social et politique à Al-Hoceïma .

Mené par un groupe d'activistes locaux, le «hirak» a de nombreuses revendications pour le développement du Rif, qu'il estime marginalisé. Son leader, Nasser Zefzafi, multiplie sur les réseaux sociaux les harangues enflammées contre l'exécutif en faveur du Rif, sur fond de discours identitaire teinté de conservatisme et de références islamiques.

L'Etat marocain s'est depuis lors fortement mobilisé, annonçant la mise en œuvre d'un catalogue de projets de développement de la région, pour la plupart lancés en 2015. Pas moins de sept ministres se sont rendus sur place en début de semaine, parmi lesquels le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, pour qui le développement de la région Nord du royaume est une «priorité stratégique».

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