La CIA forme une unité spéciale dédiée à la Corée du Nord

 La CIA forme une unité spéciale dédiée à la Corée du Nord© ciagov / Flickr

Pyongyang menaçant de procéder à un sixième essai nucléaire, la CIA a annoncé le 11 mai avoir créé une unité spéciale dédiée à l'évaluation de la menace nucléaire de Corée du Nord.

La CIA a déclaré dans un communiqué avoir mis en place un centre de mission spéciale pour la Corée du Nord «pour faire face à la menace nucléaire et aux missiles balistiques de Pyongyang». 

Réunissant les ressources de plusieurs unités, elle doit analyser les informations sur les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord dont les capacités pourraient menacer les Etats-Unis.

«Les menaces auxquelles notre pays doit faire face évoluent, la CIA doit donc également évoluer pour y répondre», a expliqué Jonathan Liu, porte-parole de l'agence d'espionnage américaine.

En 2015 la CIA avait créé dix grands pôles dans un effort de modernisation, pour tenter de réunir des agents de différents services (analyses, opérations, cyber...) qui, auparavant, ne coopéraient pas forcément de manière rapprochée.

«Créer un centre de mission sur la Corée nous permet d'intégrer et de diriger les efforts de la CIA plus efficacement contre les menaces sérieuses qui émanent de la Corée du Nord à l'encontre des Etats-Unis et de leurs alliés», a souligné le directeur de la CIA, Mike Pompeo, dans un communiqué.

Pyongyang compte poursuivre ses exercices nucléaires

L'annonce de la CIA intervient peu de temps après la confirmation par l'ambassadeur nord-coréen au Royaume-Uni, Choe Il, que Pyongyang mènerait son sixième test nucléaire sans tenir compte de la menace potentielle d'une action militaire préventive de Washington.

«Je peux assurer que l'essai nucléaire sera mené à l'endroit et à l'heure décidés par notre chef suprême, Kim Jong-un», a déclaré Choe Il à la chaîne britannique Sky News.

Washington, Pékin et Séoul ont déjà menacé d'imposer de nouvelles sanctions à Pyongyang si la Corée du Nord tentait d'effectuer d'autres essais de missiles nucléaires ou de longue portée. En avril dernier, la Corée du Nord avait déjà mené deux tests de missiles, qui ont échoué.

Pyongyang entend défendre son droit à développer sa technologie nucléaire et balistique, l'envisageant comme un moyen de dissuasion envers les Etats-Unis et leurs alliés régionaux.

«Notre pouvoir nucléaire est notre droit souverain. C'est le seul moyen de protéger la paix dans la péninsule coréenne et la région. Les Etats-Unis ne peuvent pas nous attaquer... Si Washington bouge un seul doigt, nous sommes prêts à transformer en cendres tout son arsenal», a ajouté Choe Il. 

La création du centre spécialisé de la CIA intervient également quelques jours seulement après que Pyongyang a menacé de lancer une attaque «antiterroriste» contre les agences de renseignement américaine et sud-coréenne pour faire face à un supposé complot visant à tuer le leader nord-coréen Kim Jong-un.

Début mai, le ministère de la Sécurité de l'Etat de Corée du Nord a affirmé qu'une cellule terroriste soutenue par la CIA avait réussi à infiltrer le pays dans le but d'assassiner son chef suprême par l'utilisation de «substances biochimiques».

«Nous retrouverons et éliminerons sans merci les terroristes de la CIA et des services de renseignement sud-coréens», a déclaré le ministère de la Sécurité d'Etat de la Corée du Nord dans un communiqué rapporté par l'agence gouvernementale KCNA.

Le Sud veut l'apaisement

Les tensions continuant de grandir, le nouveau président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, investi le 10 mai, a quant à lui promis de réexaminer la décision de déployer le système de défense américain THAAD, installé il y a plusieurs semaines.

Pour désamorcer les tensions dans la région, Moon Jae-In a promis des «négociations sincères» avec les Etats-Unis et la Chine au sujet de ce système de défense antimissile américain controversé censé déjouer les attaques potentielles venant de Corée du Nord. Le nouveau président sud-coréen s'est également dit prêt à rencontrer Kim Jong-Un afin de revoir les négociations pour une paix durable dans la région.

Le 11 mai, Moon Jae-In a déclaré que son homologue chinois Xi Jinping et lui-même étaient d'accord sur le fait que la dénucléarisation de la Corée du Nord était un «objectif commun».

Lire aussi : Echec des pourparlers entre Washington et Pyongyang après un refus de visa du Département d'Etat

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