Le Conseil de l'Europe inquiet pour l'indépendance des médias européens de service public

- Avec AFP

Le Conseil de l'Europe inquiet pour l'indépendance des médias européens de service public© OLIVIER MORIN Source: AFP

Des ingérences politiques dans la ligne éditoriale des radiodiffuseurs au manque de protection légale contre les influences politiques, le Conseil de l'Europe est préoccupé par la situation des médias de service public en Europe.

Le Conseil de l'Europe s'est inquiété le 2 mai des ingérences politiques pesant sur l'indépendance des médias de service public en Europe, dans une note du commissaire aux droits de l'homme, Niels Muiznieks.

«La situation sur le terrain est préoccupante», soutient le commissaire dans cette note publiée la veille de la journée de la liberté de la presse, le 3 mai. Il explique que le Conseil de l'Europe fait face à un nombre croissant d'alertes sur des ingérences politiques dans la ligne éditoriale de radiodiffuseurs publics. Il met également en garde sur une protection législative qu'il estime insuffisante contre les influences politiques et sur l'absence de ressources budgétaires nécessaires pour garantir l'indépendance des radiodiffuseurs publics.

Pour étayer son propos, Niels Muiznieks cite pêle-mêle les nominations politiques à la tête de chaînes de télévision publiques en Espagne, la réforme des médias en Pologne, les changements de personnels précipités dans les médias de service public en Croatie ou encore les pressions exercées par un parti politique sur le conseil de surveillance du diffuseur public en Ukraine.

«L'indépendance est essentielle», affirme le commissaire, avant d'ajouter que les médias de service public doivent également disposer d'un «financement stable et suffisant» pour éviter un état de dépendance politique.

Il prend l'exemple de l'ERT – la radio et télévision nationales grecques – purement et simplement éliminée dans le cadre d'un effort de réduction des dépenses publiques, ce qui a gravement porté atteinte au pluralisme des médias dans le pays.

Niels Muiznieks insiste par ailleurs sur le problème posé par la prolifération d'informations non objectives ou de désinformation amplifiée par les réseaux sociaux. «Le problème de la désinformation ne sera pas résolu en soumettant les contenus à des restrictions ou en procédant à des blocages arbitraires, mais en veillant à ce que la population ait accès à des informations exactes et impartiales, mises à disposition par des radiodiffuseurs publics en qui elle ait confiance», plaide-t-il.

Selon lui, dans les pays où les radiodiffuseurs de service public sont appréciés de la population et dotés des ressources nécessaires, «l’extrémisme de droite et la corruption sont moins développés et la liberté de la presse se porte mieux».

La France n'est qu'au 39e rang du classement mondial sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, qui avance comme raison «l'appropriation des médias par une poignée d’hommes issus de la finance et de l’industrie».

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