«Un vol spatial n’est pas chose facile» : des experts réagissent à l’explosion de Falcon 9

L'explosion du Falcon 9 Source: Reuters
L'explosion du Falcon 9

A la suite de deux échecs de missions d’approvisionnement d’ISS ces deux derniers mois, les ingénieurs spatiaux doivent trouver des réponses après qu’un Falcon 9 généralement fiable s’est désintégré en feu d’artifice dans le ciel floridien.

«Il n’y a pas de négligence ici, il n’y a pas de problème. Cela montre juste les défis auxquels nous faisons face», a dit le chef des opérations spatiales William Gerstenmaier lors d’une conférence de presse dans une ambiance morose. «Un vol spatial n’est pas chose facile», a-t-il précisé.

Falcon 9, qui avait livré avec succès six charges utiles à ISS ces trois dernières années, a été lancé dans le ciel bleu de Cap Canaveral à 10h21 (heure locale) avant d’exploser et de se désintégrer en milliers de fragments qui sont tombés telle une pluis dans l’océan Atlantique.

Elon Musk, le propriétaire de SpaceX, qui fait parvenir des cargaisons à ISS dans le cadre d’un contrat de 1,2 milliard d’euros avec la NASA, a blâmé «un problème de surpression dans le réservoir d'oxygène liquide» situé dans le dernier étage de la fusée de 500 tonnes.

Le CEO de SpaceX Gwynne Shotwell a indiqué que la réponse définitive pourrait être trouvée seulement après l’examen des données télémétriques, ce qui pourrait prendre des mois.

«Nous reprendrons les vols dès que fiabilité et sécurité seront au rendez-vous», a dit Shotwell en promettant que la flotte de SpaceX revolera dans moins d’un an.

Gerstenmeier a concédé que la cargaison constituait une perte «importante», en particulier la perte d’ «un adaptateur d'accueil, d’une combinaison spatiale et beaucoup de recherches» mais a promis que l’équipe d’ISS «n’était pas en danger» malgré l’échec de trois missions d’approvisionnement en neuf mois.

En octobre dernier, une fusée Antares créée par Orbital Sciences Corporation utilisant des engins soviétiques rénovés a explosé dans une boule de feu géante sur la plate-forme. En avril, un avion-cargo russe Progress a perdu contact avec ISS en orbite et a brûlé en entrant dans l’atmosphère. Les deux vols devaient approvisionner ISS.

«D’un point de vue global, c’est une chose que nous avons anticipé. Nous nous sommes attendus à quelques pertes, bien que je ne pensais en perdre autant en un an», a admis Gerstenmeier.

«Il y a peu de points communs entre ces trois plateformes, mis à part l’espace. Nous poussons nos équipements à la limite de leurs capacités et cela nécessite énormément d’expérience en ingénierie, de la précision et du matériel de pointe».

Tous les yeux seront fixés sur le lancement suivant du lanceur russe Progress depuis le cosmodrome Baïkonour le 3 juillet qui a été déjà avancé pour compenser les échecs précédents de la mission. Le prochain vol habité sera effectué à la fin du mois quand l’équipe internationale voyagera vers le module Soyouz.

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