Frappes américaines sur une base syrienne : les Etats-Unis «prêts à aller plus loin»

Frappes américaines sur une base syrienne : les Etats-Unis «prêts à aller plus loin»© Carlos M. Vazquez / Reuters Source: Reuters
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Au moins 10 soldats et neuf civils syriens ont été tués dans les frappes américaines ayant visé le 7 avril en Syrie la base aérienne d'Al-Chaayrate, ordonnées par Donald Trump suite à une attaque chimique présumée imputée à Bachar el-Assad.

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  • Dans une lettre envoyée au Congrès, le président Donald Trump a assuré avoir donné l'ordre de frapper la base d'Al-Chaayrate afin de défendre l'«intérêt national» américain et de promouvoir «la stabilité dans la région». Il a assuré que les Etats-Unis prendraient «si nécessaire» d'autres mesures pour défendre leurs intérêts nationaux.

  • Les images fournies au ministère russe de la Défense par les Forces armées syriennes montrent que la base aérienne d'Al-Chaayrate a retrouvé son mode d'exploitation normal. Les avions effectuent les missions qui leur sont assignées et accomplissent des vols tactiques.

  • Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, a annulé sa visite à Moscou prévue pour le 10 avril en raison des événements en Syrie. «Les développements en Syrie ont fondamentalement changé la situation», précise son communiqué.

    Boris Johnson a pris cette décision après avoir parlé avec son homologue américain Rex Tillerson qui se rendra en Russie comme prévu, les 11 et 12 avril.

  • Des forces aériennes syriennes ont repris les vols depuis la base aérienne d'Al-Chaayrate un jour après les frappes américaines, selon la chaîne Al-Jazeera.

    «Un avion de combat SU-22 a décollé depuis l’aérodrome d'Al-Chaayrate dans la banlieue de Homs», a écrit la chaîne sur son compte de Twitter.

  • La réponse russe à la frappe américaine en Syrie a été «très décevante», a estimé le Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Rex Tillerson, selon l'AFP.

    Son collègue, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a pour sa part annoncé que ses services préparaient des sanctions économiques contre la Syrie. 

  • Les militaires américains soupçonnent que le régime syrien a été «aidé» pour mener sa frappe chimique présumée, a déclaré un haut responsable militaire américain à des journalistes. Sous couvert d'anonymat, et selon l'AFP.

    «Nous soupçonnons que [les Syriens] ont reçu de l'aide» dans l'attaque chimique présumée du 5 avril 2017 à Khan Cheikhoun. 

    «Au minimum, les Russes ont échoué à contrôler l'activité» de leur partenaire syrien, a-t-il dit, rappelant que les Russes étaient présents sur la base aérienne d'où sont partis les avions syriens qui ont mené l'attaque.

    «Nous ne pouvons pas dire ici le rôle que les Russes ont pu jouer», a-t-il toutefois concédé. «Mais s'il y a une preuve quelconque, ou une accusation crédible, nous en tirerons les conséquences au maximum de nos possibilités», a-t-il dit.

  • Le ministère de la Défense russe a fait savoir au Pentagone qu'il coupait la ligne de communication utilisée par Washington et Moscou pour éviter les accrochages en Syrie, a rapporté l'agence Interfax.

  • Après les accusations de la représentante américaine Nikki Haley à l'ONU, Le représentant russe Vladimir Safronkov demande à reprendre la parole : «Je demande aux autres pays de ne pas insulter la Russie». 

    Et de rappeler qu'une solution en Syrie ne peut passer que par un dialogue respectueux. «Cela ne sera pas possible si l'on prétend qu'une position nationale est une vérité absolue», a-t-il conclu, à l'attention de Nikki Haley.

  • Le représentant syrien rappelle que l'«agression» des Etats-Unis sont une «violation de la charte de l'ONU. «L'armée syrienne ne détient pas d'armes chimiques», rappelle le représentant.

    «Elles sont stockées par les terroristes dans certaines régions avec la complicité d'Etats du Moyen-Orient, comme l'Arabie saoudite et même de certains Etats européens», a-til déclaré. «Ces agressions ne font que confirmer la stratégie adoptée par les Etats-Unis depuis six ans».

    Lire aussi : Le représentant syrien à l’ONU accuse la France de l’attaque au gaz dans la Ghouta

  • La Maison Blanche a déclaré que les frappes en Syrie étaient décisives, justifiées et proportionnelles, et avaient envoyé un signal fort au reste du monde.

    La présidence américaine a également indiqué que Donald Trump considère que la gouvernement syrien devrait accepter, au minimum, de se plier aux accords de non-utilisation des armes chimiques.

    Enfin, la Maison Blanche a rappelé que les Etats-Unis et la Russie s'étaient tous deux engagés à vaincre l'Etat islamique (EI), et se sont mis d'accord sur l'obligation pour le gouvernement syrien de ne pas utiliser d'armes chimiques.

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Selon un responsable de la Maison Blanche, 59 missiles ont été utilisés dans une frappe contre la base aérienne de Shayrat, qui selon Washington, serait «associée au programme» syrien d'armes chimiques et «directement liée» à l'attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib. 

Les Etats-Unis ont accusé la Syrie d'avoir utilisé un agent neurotoxique de type sarin contre la ville rebelle de Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie. Ce bombardement a fait au moins 86 morts.

«Pour ces attaques, le régime Assad a utilisé un agent neurotoxique qui a les caractéristiques du sarin», a affirmé un haut responsable de la Maison Blanche sous couvert d'anonymat, en même temps qu'il annonçait la frappe punitive contre la base aérienne syrienne.

Plus tôt dans la soirée, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur la meilleure réponse à apporter à l'attaque du 4 avril.

La Russie, par la voix de son ambassadeur aux Nations unies, avait mis en garde les Etats-Unis contre une éventuelle intervention militaire contre son allié syrien.

«Si des actions militaires sont lancées, toute la responsabilité reposera sur les épaules de ceux qui auront initié une telle entreprise tragique et douteuse», a déclaré l'ambassadeur russe Vladimir Safronkov à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur la Syrie.

Les missiles ont été tirés depuis les bateaux de guerre américains USS Porter et USS Ross, actuellement en Méditerranée orientale, a précisé un deuxième responsable américain.

Les frappes ont visé de multiples cibles sur la base, avions, piste, ou pompes à carburant, a-t-il précisé.

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