Un projet de loi contre les «fake news» provoque une levée de boucliers en Allemagne

Un projet de loi contre les «fake news» provoque une levée de boucliers en Allemagne© Dado Ruvic Source: Reuters

Des entreprises, des ONG et des politiques ont haussé le ton en Allemagne contre un projet de loi incitant les réseaux sociaux à surveiller davantage les contenus. Pour certains, cela conduirait à créer une «police de la pensée imposée par l'Etat».

Un projet de loi du gouvernement allemand visant à pénaliser la diffusion des publications haineuses et «les fausses informations délictueuses» sur les réseaux sociaux a suscité une véritable levée de boucliers outre-Rhin. Des personnalités de premier plan ont critiqué la proposition formulée par l’exécutif allemand d'introduire des amendes pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros pour les réseaux sociaux qui ne surveilleraient pas efficacement les contenus publiés sur leurs plateformes. 

«On va juste effacer, effacer, effacer», a ainsi déploré Renate Künast, figure historique de la gauche et des Verts allemands. Selon elle, les lourdes amendes prévues par le projet de loi à l'encontre des réseaux sociaux pourraient inciter ces derniers «à supprimer non seulement les insultes réelles mais [absolument] tout, au nom de la sécurité».

Ces critiques virulentes ont fait écho aux propos de responsables de l'entreprise Google, ces derniers ayant d'ores et déjà prévenu que le projet de loi pourrait entraîner une situation de «sur-blocage» des contenus sur les réseaux sociaux.

En outre, pour le PDG de YouTube, Susan Wojcicki, le système d'amendes proposé par le gouvernement d'Angela Merkel risque d'imposer un «lourd fardeau sur les réseaux sociaux». «Les plateformes en ligne pourrait supprimer des contenus ne devant pas être retirés», a-t-elle ajouté.

L'Association allemande des éditeurs (VDZ) a également dénoncé le projet de loi, le qualifiant de tentative de création d'une «police de la pensée imposée par l'Etat». 

Entrepreneurs et politiques ne sont pas les seuls à avoir haussé le ton contre le gouvernement allemand. A l'instar de la Fondation Amadeu Antonio, une association active dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, des organisations non gouvernementales sont montées au créneau contre le projet de loi. La Fondation Amadeu Antonio n'a pas hésité à qualifier la proposition gouvernementale de «limitation dans les faits de la liberté d'expression». 

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