Une année sur le Net : les piratages informatiques qui ont marqué 2016

Une année sur le Net : les piratages informatiques qui ont marqué 2016© Kacper Pempel Source: Reuters

En 2016, les hackers et les lanceurs d’alerte s'en sont donnés à cœur joie. Mois après mois, des révélations plus sensationnelles les unes que les autres ont afflué. En cette fin d’année, RT France vous présente les histoires les plus rocambolesques.

La fuite des emails du Comité national démocrate : Bernie Sanders dans le viseur 

Le 22 juillet, Wikileaks a révélé plus de 20 000 emails ainsi que 8 000 documents du Comité national démocrate concernant les méthodes utilisées par l’équipe de Hillary Clinton pour écarter Bernie Sanders de la course à l'investiture. Les courriels publiés couvrent une période allant de janvier 2015 à mai 2016. Ils sont issus des comptes de sept figures clés du Comité national démocrate : le conseiller Andrew Wright, le directeur national des finances Jordon Kaplan, le chef financier du cabinet Scott Comer, le responsable de la communication Luis Miranda, le directeur des finances pour la Californie du Nord Robert Stowe, mais aussi Daniel Parrish, directeur financier des données et des initiatives stratégiques, et Allen Zachary, autre directeur financier.

La plupart des courriels concernent Bernie Sanders et évoquent les nombreux opposants à Hillary Clinton au sein du parti démocrate qui ont qualifié le système de «truqué».

Un des courriels suggérait par exemple d'attaquer Bernie Sanders sur sa religion : En effet, Sanders est juif, mais les électeurs chrétiens sont sensibles au fait de croire en Dieu. L’idée était donc de le pousser à se dire athée (car on peut être juif athée, le judaïsme étant une religion, tandis que le fait d'être juif signifie appartenir à un groupe ethnique).

Fuite des e-mails de John Podesta : l’huile sur le feu de la course à la présidentielle d'Hillary Clinton

En septembre 2016, Julian Assange avait promis de révéler des lettres du chef de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, avant le 9 novembre. Il a tenu sa promesse : en octobre, plus de 50 000 messages électroniques ont été publiés sur le Web.

Parmi les déclarations les plus sensationnelles contenues dans ces échanges figurent notamment la manipulation des médias et de l'opinion publique, ainsi que des preuves que Hillary Clinton savait que l'Etat islamique était soutenu par l'Arabie saoudite et le Qatar.

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Piratage de George Soros : comment il tente de contrôler Moscou

En juin 2016, le site DC Leaks a publié plus de 2 500 fichiers et documents internes des organisations appartenant au milliardaire américain George Soros, la plupart de ces documents révélés affichant le logo de la fondation Open Society.

Le site a divisé et classé tous ces documents en plusieurs catégories : régions du monde, Banque mondiale, Bureau du président. Ils décrivent les stratégies et plans d’action de ces organisations lors des élections européennes, et les conseils prodigués quant à l’attitude à avoir face aux questions migratoires en Europe.

La Russie s’est révélée un des sujets principaux des discussions de la fondation de George Soros. Selon les auteurs du rapport, Moscou «investit beaucoup» dans son image à l’étranger. Et pour faire face à cette image, la Fondation propose d’offrir plus de 500 000 dollars (447 600 euros) pour qu’un groupe de journalistes mène une enquête en profondeur afin de trouver les méthodes potentielles pour lutter contre valeurs traditionnelles soutenues par la politique russe.

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Les Panama Papers 

Décrit comme «la plus grande fuite de l'histoire», l'épisode des Panama Papers a vu plus de 11,5 millions de fichiers de la firme offshore Mossack Fonseca publiés en avril 2016, grâce à une source anonyme qui a travaillé avec le journal allemand Süddeutsche Zeitung et le Consortium international des journalistes d'investigation.

Les Panama Papers ont donné un aperçu «d'un monde qui ne peut exister que dans l'ombre» et détaillé le fonctionnement interne de riches détenteurs de comptes offshore. L'affaire a également exposé au monde entier l'identité des puissants clients de la banque basée au Panama. La banque fonctionne dans des paradis fiscaux tels que Chypre, la Suisse et les Iles Vierges britanniques.

Les dossiers comprenaient les noms de 12 dirigeants actuels et anciens, ainsi que ceux de 128 autres politiciens et fonctionnaires de différents pays.

Le père de l'ancien Premier ministre britannique David Cameron a été mentionné comme ayant un compte dans un paradis fiscal, tandis que le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson a été forcé de démissionner suite ces fuites.

Wikileaks révèle que les Etats-Unis livrent des armes au Yémen et entraînent les troupes yéménites

En novembre dernier, WikiLeaks a publié près de 500 documents de l'ambassade américaine à Sana'a, au Yémen. S'échelonant sur la période allant de 2009 à 2015, durant laquelle Hillary Cinton était secrétaire d'Etat des Etats-Unis. Ils relatent le rôle de cette dernière dans l'escalade de la guerre au Yémen. 


Les documents contiennent des correspondances relatives au Bureau de coopération militaire de l'ambassade et donnent une idée précise du rôle des Etats-Unis dans l'armement et la formation des forces yéménites, ainsi qu'un enthousiasme pour la vente d'armes sophistiquées au gouvernement yéménite.

La publication par Wikileaks des E-mails de Hillary Clinton lorsqu'elle était au Département d'Etat 

En mars 2016, WikiLeaks a publié plus de 30 000 courriels datant de juin 2010 à août 2014 du serveur privé de Hillary Clinton qu'elle utilisait lorsqu’elle était secrétaire d'Etat.

Les communiqués ont révélé l'étendue des liens entre la Fondation Clinton et les affaires politiques mondiales, ainsi que la façon dont Hillary Clinton a tenté de traiter le cas du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en 2010.

Dans un de ces email, Hillary Clinton demande : «Est-ce qu'on ne pourrait pas juste abattre ce mec [Julian Assage] à coup de drone ?»

Les fuites du programme de la NSA 

En août, un groupe de hackers connus sous le nom de Shadow Brokers a divulgué des documents informatiques utilisés par l'agence de surveillance américaine, la NSA.

La fuite de ces informations a exposé au grand jour la vulnérabilité de la NSA, soulevant notamment des questions sur son exploitation des vulnérabilités en matière de sécurité des entreprises de technologie.

Les Shadow Brokers ont volé les données du groupe Equation, qui seraient exploités par la NSA.
La fuite explique en détail comment les agences de sécurité peuvent intercepter les requêtes sur Internet et rediriger les navigateurs vers un serveur de la NSA qui infecterait alors les cibles avec des logiciels malveillants, permettant leur interception.

Le lanceur d'alerte et ex-employé de la NSA, Edward Snowden, a affirmé que la fuite semblait réelle. L'Intercept l'a également confirmé en utilisant des documents inédits des archives de Snowden pour vérifier.

Par ailleurs, les hackers ont mis aux enchères des documents fuités pour 1 million de bitcoins, soit 670 millions d'euros. En octobre 2016, il a été révélé qu'un employé de la NSA avait été «secrètement» arrêté en août sur des soupçons de fuite de logiciels malveillants utilisés par la NSA. 

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