Libye : Daesh avance, pas les pourparlers

Combattants libyens autour de Syrte Source: Reuters
Combattants libyens autour de Syrte

Les discussions entre les deux gouvernements libyens réunis au Maroc par l’ONU peinent à avancer, les représentants du gouvernement de Tobrouk ont rejeté une nouvelle proposition. La ville de Syrte vient de tomber aux mains de l’Etat Islamique.

Depuis le 8 juin sont réunis à Skhirat près de Rabat des représentants des deux gouvernements libyens, sous la médiation de Bernardino Leon, représentant des Nations unies pour la Libye. Ce dernier tente de trouver un accord entre les deux parties, qui refusent de se parler directement.

Après trois projets de sortie de crise rejetés par les factions rivales, Bernardino Leon a soumis aux belligérants une quatrième version d’accord proposant «le principe de l’équilibre entre toutes les institutions en Libye», reconnaissant la chambre des représentants issue du scrutin du 14 juin 2014 (et réfugiée à Tobrouk) comme la seule autorité législative pendant la période de transition. Si accepté, un gouvernement d’union nationale serait formé pour un an, dirigé par un Premier ministre et deux vice-Premiers ministres.

Le projet laisse néanmoins une place importante aux autorités rebelles de Tripoli, au sein d'un Conseil supérieur de l'Etat, un organe consultatif de 120 membres.

Mais ce projet d’accord n’a d’ores et déjà pas recueilli les faveurs du Parlement libyen élu basé à Tobrouk, qui n'a pas caché, mardi, son mécontentement face aux pouvoirs concédés à la partie adverse. Le Parlement de Tobrouk a décidé de rappeler ses délégués pour consultation, sans que ceux-ci se rendent à Berlin comme initialement prévu : «Ceux qui s'y rendront n'engageront pas la parole du Parlement», a déclaré un député libyen, rapporté par RFI.

Malgré l’optimisme affiché par Bernardino Leon, le temps presse. L’Etat islamique aurait pris le contrôle, selon le Centre américain de surveillance des sites islamistes SITE, de la ville côtière de Syrte, située à 430 km de Tripoli. Ils contrôlaient déjà l’aéroport depuis fin mai.

Depuis le début de l’année, le groupe Etat islamique a pris le contrôle de larges territoires de la région de Syrte. Les djihadistes ont notamment pris la localité de Noufliyeh, d'où était originaire «le Guide» Mouammar Kadhafi. Selon les autorités de Tripoli, Daesh s'est même allié à des partisans du régime de Kadhafi pour l'aider à s'emparer des champs pétroliers de la région de Syrte.

La menace grandissante de Daesh en Libye semble avoir mis la pression sur le processus de résolution de crise. L’ONU s’est donné comme date butoir le 17 juin, soit la veille du Ramadan, pour aboutir à la désignation d’un gouvernement d’union nationale.

Les gouvernement et parlement installés dans l’est du pays à Tobrouk, reconnus par la communauté internationale, sont accusés d’incarner l’ancien régime de Mouammar Kadhafi. En face, on reproche aux autorités qui ont pris la ville de Tripoli d’être soutenues par les milices islamistes Fajr Libya, désignée comme organisation terroriste par ses opposants, mais qui combat Daesh.

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