ONU : Daesh vend des femmes au prix d'un paquet de cigarettes

Des femmes fuient les violences de Daesh dans la cité de Ramadi, Irak© Stringer Irak Source: Reuters
Des femmes fuient les violences de Daesh dans la cité de Ramadi, Irak

Dans les territoires contrôlés par l'Etat Islamique, les femmes sont vendues sur les marchés aux esclaves. A chaque nouvelle ville prises par les combattants, les femmes sont capturées pour être vendues ou mariées de force.

"C'est une guerre où l'on se bat sur le corps des femmes." C'est par cette métaphore que Zainab Bangura résume son propos. Nommée en 2012 représentante spéciale des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, elle a rendu un rapport alarmant à l'ONU, lundi 8 juin.

Mme Bangura rentrait alors d'Irak et de Syrie, où elle avait eu l'occasion de communiquer avec des femmes et des jeunes filles étant parvenues à briser la captivité dans laquelle Daesh les maintenait. Elle a également pu s'adresser à des leaders religieux et politiques locaux. Son constat est sans appel : "Ils kidnappent et enlèvent des femmes quand ils reprennent des villes, ils ont donc en permanence de nouvelles femmes en captivité," explique-t-elle, ajoutant que ces femmes sont vendues à un prix "aussi bas que celui d'un paquet de cigarettes."

Un cri d'alerte également lancé par de nombreuses ONG telles que GNRD (Global Network for Rights and Development) qui évoque également des femmes vendues comme esclaves, mariées de force, violées et torturée.

Disposer d'une large ressource de femmes, c'est le nerf de la guerre pour l'EI. C'est en effet un des éléments qui rend le mouvement attirant pour de potentiels combattants étrangers. La promesse d'un mariage, qui plus est avec une jeune fille encore vierge, attire de nombreux hommes dans les rangs de l'organisation terroriste. D'après un rapport des Nations Unis, les combattants étrangers représentent environ 25 000 soldats, originaires de plus de 100 pays. La "possession" de femmes par Daesh est donc un élément clef de la stratégie du groupe.

Ces pratiques ont un autre but, selon Zainab Bangura, démontrer la volonté de DAESH de "construire une société qui rappelle le 13e siècle."

Des membres de la minorité Yazidi tout juste libérés par l'Etat Islamique© Stringer Iraq Source: Reuters
Des membres de la minorité Yazidi tout juste libérés par l'Etat Islamique

Capturées dans les villes conquises par les combattants, les femmes sont emprisonnées, déshabillées et lavées de force, avant d'être vendues sur les marchés aux esclaves. Les islamistes les font défiler devant eux afin d'estimer le prix de chacune d'elle, raconte encore Mme Bangura.

Pour les rares femmes qui parviennent à s'échapper des griffes de Daesh, les conséquences sont terribles. Ce sont des vies brisées qui retournent - lorsqu'elles le peuvent - dans leurs villes d'origine. Les Yazidis accueillent leurs filles retrouvées et leur offrent leur aide, d'après Zainab Bangura. Elle a salué dans son rapport les leaders religieux Yazidis pour leur action publique en faveur des femmes, mais elle regrette de ne pas entendre ce genre d'engagement dans la bouches des leaders turques, qui font face à des exactions similaires.

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