Barack Obama aurait-il commenté l'incident entre John Kirby et la journaliste de RT ?

Barack Obama aurait-il commenté l'incident entre John Kirby et la journaliste de RT ?
Barack Obama et Angela Merkel en conférence de presse à Berlin, le 17 novembre 2016 ©Kevin Lamarque/Reuters

Lors de sa rencontre avec Angela Merkel, à Berlin, Barack Obama semble être revenu, sans le citer, sur l'accrochage entre une journaliste de RT et le porte-parole du département d'Etat John Kirby, qualifiant ce dernier de «zélé».

Lors de sa rencontre avec Angela Merkel, à Berlin, Barack Obama serait visiblement revenu sur l'incident entre le porte-parole du département d'Etat John Kirby et une journaliste de Russia Today, le 16 novembre.

Simple excès de zèle ?

Pour Barack Obama, «à une époque où la désinformation est omniprésente, et tellement bien présentée [...], le trop grand zèle d'un représentant américain [John Kirby] est comparé à de véritables répressions ayant cours ailleurs».

Ainsi, sans citer directement l'incident survenu entre la correspondante de RT Gayane Tchitchakyane et John Kirby, le président américain sortant semble considérer le refus du responsable de répondre aux questions de RT qu'il accuse par ailleurs de faire de la propagande, d'«excès de zèle».

En effet, à l'occasion d'une conférence de presse du département d'Etat, John Kirby a sèchement refusé de répondre à la journaliste de RT, Gayane Tchitchakyane, au motif que RT était une télévision d'Etat.

Cette réaction de John Kirby a provoqué l'ire de plusieurs journalistes de la salle qui ont demandé au porte-parole de s'expliquer sur ses critères de sélection entre les médias indépendants ou non.

A ce compte, répondant à la phrase de Kirby qui insistait sur le fait qu'il ne répondrait qu'aux médias «indépendants», un des journalistes a par exemple rétorqué «indépendants comme la BBC ?».

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Cette sortie de John Kirby ne fait que faire enfler la polémique aux Etats-Unis, alors que les médias traditionnels, embarrassés d'avoir, dans leur immense majorité, fait campagne pour Hillary Clinton, cherchent des explications à leur grand ratage. Après avoir tenté de rendre les électeurs responsables de cette déroute médiatique, une explication moins stigmatisante a émergé : ce sont les réseaux sociaux et les médias en ligne, qui, par le moyen de la désinformation, seraient responsables de la défaite d'Hillary Clinton.

Moscou déplore une distinction basée sur des critères idéologiques 

A Moscou, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova a fait savoir pour sa part que l'incident était «scandaleux» et «révoltant». «Est-ce que c'est une nouvelle forme de discrimination ? Faut-il établir une distinction en fonction de critères idéologiques ?», s'est interrogé la porte-parole.

«Je doute que les journalistes américains eussent été enchanté s'ils avaient été traités de la même manière», a ajouté Maria Zakharova.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe a souligné que les propos de John Kirby étaient loin d'avoir satisfait la majorité des diplomates américains et que certains avaient tenus à présenter leurs excuses en privé et exprimer leurs regrets aux représentants de RT.

Washington mène-t-il une guerre contre tous les médias alternatifs ?

Au sujet de cette altercation entre John Kirby et Gayane Tchtitchakyane, RT s'est également entretenu avec Brian Becker, un porte-parole de de l'association anti-guerre ANSWER. Ce dernier explique qu'en refusant de coopérer avec RT, qu'il ne traite pas à égalité avec la presse dite «libre», John Kirby démontre clairement et à voix haute l'attitude de Washington envers tous les organes de presse qui ne s'alignent pas sur idéologie américaine.

«Une véritable guerre est en cours, une guerre contre tous les médias alternatifs. Les médias russes n'y échappent évidemment pas car des millions d'américains les consultent, fatigués et déçus des médias qui véhiculent les idées de l'appareil d'Etat américain», a déclaré Brian Becker.

«Il y a une guerre contre RT, une guerre contre Sputnik, une guerre contre Ruptly, non pas parce que ce sont des médias de propagande, mais au contraire, parce qu'ils constituent une vériatble source d'information alternative», a-t-il ajouté.

«Regardez CNN, le Washington Post, ou le New York Times, ces médias dits "indépendents" appartiennent à des entreprises américaines et font uniquement l'écho de la propagande du gouvernement américain. C'est tout simplement scandaleux», a déclaré Becker, ajoutant que le département d'Etat américain ne s'attend pas à des questions gênantes de la part de journalistes travaillant pour les médias américains «qui ne demandent pratiquement jamais de preuves concrètes [...] contrairement aux journalistes russes».

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