Mossoul : des forces de la police irakienne accusées de torture et de meurtre

Mossoul : des forces de la police irakienne accusées de torture et de meurtre © Goran Tomasevic Source: Reuters
Depuis trois semaines les combats font rage à Mossoul

Selon Amnesty international, des hommes portant l'uniforme de la police fédérale irakienne auraient torturé puis tué au moins six personnes dans des villages au sud de Mossoul. Le commandant de la police a nié l'implication de ses officiers.

«Jusqu'à six» personnes ont été retrouvées mortes le mois dernier dans les districts de Shura et Qayyara, rapporte Amnesty International. Elles étaient soupçonnées par les forces de sécurité irakiennes d'avoir des liens avec le groupe terroriste Etat islamique.

«Des hommes portant l'uniforme de la police fédérale ont procédé à de multiples assassinats, appréhendant et ensuite tuant délibérément de sang froid des villageois au sud de Mossoul», a affirmé Lynn Maalouf, directeur adjoint de la recherche au bureau d'Amnesty International à Beyrouth.

Des enquêteurs de l'ONG ont visité les lieux où les exécutions extrajudiciaires auraient eu lieu, alors que les militants de Daesh battaient en retraite, emmenant avec eux des centaines de femmes, d'enfants et de vieillards apparemment pour s'en servir comme boucliers humains.

Selon les informations recueillies, le 21 octobre une dizaine d'hommes et un garçon de 16 ans auraient été torturés alors qu'ils s'étaient rendus à un groupe d'hommes portant des uniformes de police. Ils avaient agité un tissu blanc et relevé leurs t-shirts pour montrer qu'ils ne portaient pas de ceinture explosive et ne représentaient pas de menace.

Peu de temps après, des renforts sont arrivés et les prisonniers ont été emmenés dans une zone désertique.

Les combattants habillés en uniformes de police les auraient alors battus avec des câbles et la crosse de leurs fusils, les auraient frappés, poignardés, auraient mis le feu à la barbe de l'un d'eux. Ils les auraient également obligés à s'allonger sur le ventre et auraient tiré des coups de feu entre leurs jambes.

Le commandant de la police fédérale irakienne a nié que ses officiers soient impliqués dans les meurtres, soulignant «son engagement total à respecter les ordres du Premier ministre Haider al-Abbadi de protéger les civils et leurs biens», ajoutant «les officiers ont fourni de l'aide et un soutien médical aux personnes touchées par les combats et ont sauvé 10 000 familles utilisées par Daesh comme boucliers humains».

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