Arabie saoudite : Munir al-Adam, jeune opposant handicapé de 23 ans condamné à la décapitation

Arabie saoudite : Munir al-Adam, jeune opposant handicapé de 23 ans condamné à la décapitation© Capture d'écran du site independent.co.uk
A 23 ans, Munir al-Adam, partiellement handicapé, est promis à la décapitation en Arabie saoudite

Riyad, qui a récemment été réélue au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, s’apprête à exécuter un jeune opposant de 23 ans, partiellement aveugle et sourd, accusé d’avoir «attaqué la police» dans une manifestation contre le gouvernement.

Munir al-Adam, jeune homme de 23 ans, a été condamné à la peine capitale par décapitation par un tribunal spécialisé de Riyad, capitale de la monarchie saoudienne. Outre plusieurs «délits», il est accusé par les autorités d'avoir attaqué des forces de police en marge d’une manifestation antigouvernementale en 2011, alors qu’il n’avait que 18 ans, dans la ville à majorité chiite de Qatif.

Si la justice saoudienne souligne que le jeune homme est passé aux aveux durant les interrogatoires, ce dernier assure que ces confessions, qu'il réfute, lui ont été soutirées par la torture. Il ajoute par ailleurs qu’on l’accuse d’avoir «envoyé des messages» alors qu’il ne possédait, à l’époque, aucun téléphone portable.

Sa famille a indiqué que le Saoudien allait faire appel de la sentence, dans un communiqué cité par le quotidien britannique The Times.

Devenu partiellement sourd et aveugle à la suite d’un accident survenu dans son enfance, Munir al-Adam a été arrêté par les autorités saoudiennes en février 2012, plusieurs mois après les faits qui lui sont reprochés. Il affirme avoir aujourd’hui complètement perdu l’usage d’une oreille, après avoir été sévèrement battu par la police.

En 2015, la monarchie saoudienne a exécuté 157 personnes par décapitation, et elle est bien partie pour dépasser ce chiffre en 2016, puisqu’elle atteignait déjà les 108 peines capitales en juillet de cette année.

Le 28 octobre, l’Arabie saoudite a été réélue au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, malgré une vive campagne de protestations de la part d’organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty International ou Human Rights Watch.

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