Commandant des forces armées américaines en Europe : « l’option militaire » est possible en Ukraine

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Le chef du Commandement des forces armées des États-Unis en Europe Philip Breedlove estime que l’Occident ne doit pas renoncer à l’idée d’armer l’Ukraine.

Le général Philip Breedlove, s'il envisage pas l'envoi de troupes dans la région en conflit, admet la possibilité de livrer des armes et des équipements militaires supplémentaires à Kiev. 

« Je ne pense pas que nous devons exclure la possibilité d’une option militaire », a dit Breedlove aujourd'hui à la conférence de Munich sur la sécurité.

Les déclarations de Breedlove font écho aux débats qui agitent actuellement Washington sur la nécessité de fournir des armes à Kiev pour l'aider à reconquérir les territoires occupés par les forces anti-gouvernementales.

Le général américain a estimé que la proposition de paix faite par le président russe Vladimir Poutine en vue de résoudre le conflit dans l’est de l’Ukraine est « complètement inacceptable », avant d’ajouter que « il n’est pas question d'envoyer des troupes ».

Les propos de Breedlove ont fait réagir Leonid Sloutski, président du comité des relations intergouvernementales et l’intégration eurasienne de la Douma d’Etat russe, qui les qualifiés d'« absolument cyniques ».

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devra rencontrer le secrétaire d'État américain John Kerry et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, l’intervention du vice-président des Etats-Unis Joe Biden sera également attendue plus tard dans la journée.

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a d'ores et déjà déclaré que le contingent militaire affecté à la force de réaction opérationnelle de l'Alliance en Europe peut être porté à 30 000 personnes – les effectifs actuels consistant de 13 000 personnes – dont la majorité sera stationnée à proximité immédiate des frontières russes.

Il y a déjà des indices d'une fourniture d'armes par l’OTAN et les Etats-Unis aux forces de Kiev. L’ambassadeur russe auprès de l’Alliance Alexandre Grouchko dit qu’il existe « des preuves accablantes que des armes fabriquées en Occident sont utilisées en Ukraine ». Grouchko fait notamment référence à des projectiles meurtriers tels que des obus d'artillerie de fabrication occidentale et a demandé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) d’enquêter sur les renseignements existants.

Moscou a exhorté Washington à ne pas envoyer d'armes en Ukraine, armes qui pourraient inclure du matériel militaire évacué d’Afghanistan. La Maison Blanche a admis le 5 février qu'une fourniture d'armes à Kiev pourrait provoquer plus d’effusion de sang dans la région.

« L’OTAN nous dit qu'elle ne livre rien, qu'il n'y a pas de fourniture d'armes [en Ukraine], que l’Alliance n’a pas d’armes et que toutes les armes sont nationales... Mais ce n'est pas vrai », a affirmé Grouchko.

Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé à plusieurs reprises à l'OTAN de livrer des armes à l'Ukraine. La décision, aux Etats-Unis, revient au président Barack Obama: il devrait se prononcer la semaine prochaine, selon les dires du secrétaire d’Etat John Kerry pendant sa visite à Kiev.

Le secrétaire d’Etat a dit que la décision d’Obama s'appuiera sur ses observations [de Kerry] et recommandations à l'issue de sa visite et tiendra compte du déplacement d’Angela Merkel à Kiev.

Il semble que la question des livraison d’armes à l'Ukraine a divisé l’UE et l’OTAN. La France, l’Allemagne et la Grande Bretagne ont déjà annoncé leur refus d’envoyer des armes offensives mais ce n'est pas le cas des pays Baltes et la Pologne qui, au contraire, semblent séduits par cette idée.

« Un afflux d'armes accru dans la région ne nous rapprochera pas d'une solution et ne mettra pas fin aux souffrance du peuple [ukrainien] », a déclaré la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen à Bruxelles.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont effectué une visite à Moscou vendredi soir dans le cadre de pourparlers de paix sur l'Ukraine prévus avec le président Vladimir Poutine. Le déplacement des deux leaders européens, qui sont arrivés à Kiev le même jour que John Kerry sans l'avoir informé de leur soudain départ, aurait reflété, selon certaines analyses, l'inquiétude des Européens à l'idée d'un réarmement de l'Ukraine.

Le Nouvel Observateur a suggéré que la France et l'Allemagne ont tenté par ce déplacement d'incarner une opinion alternative à celle des Etats-Unis sur les solutions à apporter à la crise ukrainienne.

L'hebdomadaire français a supposé que les dirigeants européns viennent à la rencontre du président Poutine « pour prendre de l'avance sur les Américains qui tentent d'imposer leur solution de la crise aux pays européens : la livraison d'armes à l'Ukraine ».

« Je pense que les États-Unis sont préoccupés à l'idée que les Etats européens suivent un chemin distinct des Etats-Unis, en d'autres termes, une voie alternative à l'OTAN pour défendre leurs intérêts nationaux », a dit à RT Brian Becker, coordinateur de la coalition antimilitariste Answer.

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