«Les USA savent que leurs armes finissent entre les mains des terroristes», dit un journaliste à RT

Jurgen Todenhofer© Capture d'écran de la video de RT
Jurgen Todenhofer

Alors que le Front Al-Nosra dément qu'un de ses commandants aurait été interviewé par un journaliste allemand, ce dernier a révélé à RT que le gouvernement américain savait que les armes envoyées en Syrie étaient à destination de terroristes.

Après la publication de l’interview du commandant du Front Al-Nosra, devenu récemment le Jabhat Fateh al Sham, un porte-parole du groupe djihadiste cité par plusieurs journalistes sur les réseaux sociaux, affirme qu'il n’existe pas de commandant portant ce nom au sein du groupe terroriste. Néanmoins, l’interview a fait sensation et attiré l’attention de nombreux observateurs.

Le journaliste Jurgen Todenhofer ayant réalisé cette interview pour le compte du Koelner Stadt-Anzeiger a confié à RT les détails de sa conversation avec le combattant du groupe terroriste.

«C’est un jeu dont tout le monde est au courant. Il est très clair que les Américains savent que leurs armes se retrouveront en fin de compte entre les mains des terroristes [en Syrie]», a confié à RT le journaliste Jurgen Todenhofer du journal Koelner Stadt-Anzeiger.

La CIA, impliquée ?

Selon ses révélations, la CIA aurait également sciemment participé à ces livraisons. «La CIA coordonnait les livraisons d'armes depuis la Turquie, ils ont apporté les armes vers la frontière. Ces armes ont été prises par les groupes terroristes : Al-Qaïda et l’Etat islamique. C’est bien connu», explique-t-il. Pour lui, il ne peut en aucun cas s’agir ni de faute ou de négligence.

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«Les USA veulent se débarrasser d’Assad avec l’aide des rebelles»

En réponse aux affirmations du département d’Etat selon lesquelles les Etats-Unis n’arment pas les terroristes, même si ses alliés pourraient le faire, Jurgen Todenhofer a reconnu que des alliés de l'Amérique pouvaient effectivement être impliqués. «Tout le monde sait qu’ils utilisent leurs alliés. Mais il importe peu qu'un missile TOW américain [utilisé par des terroristes] provienne d'un autre groupe», a-t-il souligné.

Jurgen Todenhofer a rappelé qu’en 2012 le Pentagone avait publié des documents révélant que Washington cherchait à détruire les relations entre les gouvernements d'Iran, d'Irak, de Syrie et du Liban, quatre pays aux importantes populations chiites. «D’une certaine manière, il [le commandant du Front Al-Nosra interviewé] répète ce que le Pentagone a dit il y a quatre ans», explique-t-il avant de conclure que les Etats-Unis «essaient de se débarrasser d’Assad avec l’aide des rebelles». 

Le journaliste qui veut entendre toutes les parties au conflit syrien

Jurgen Todenhofer a réalisé cette interview du commandant du groupe terroriste, Front Al-Nosra, le 17 septembre à Alep. En 2014, il s'était déjà rendu en Syrie et en Irak, devenant le premier journaliste occidental à obtenir la permission de pénétrer sur les territoires contrôlés par Daesh, où il a passé dix jours avant de rentrer chez lui sain et sauf.

Le journaliste a expliqué que, pour comprendre les origines de la crise syrienne, il fallait entendre toutes les parties impliquées dans le conflit. Todenhofer a aussi eu plusieurs fois l'occasion de s'entretenir avec Bachar el-Assad et a été fortement critiqué pour cela.

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Une interview qui a défrayé la chronique

Dans cette récente interview qui a fait grand bruit, le commandant djihadiste Abou Al Ezz révèle que des armes américaines sont fournies au groupe terroriste par des gouvernements soutenus par Washington et que des instructeurs américains enseignent aux djihadistes leur maniement.

Ces propos font écho aux nombreuses déclarations de Moscou et Damas, selon lesquelles des combattants profiteraient du cessez-le-feu syrien conclu par la Russie et les Etats-Unis le 9 septembre pour préparer une nouvelle offensive. «Nous ne reconnaissons pas le cessez-le-feu. Nous regrouperons nos troupes. Nous mènerons une nouvelle attaque écrasante contre le régime dans les jours à venir», explique ainsi le commandant du Front Al-Nosra.

Néanmoins, si cette interview a fait sensation, un porte-parole du Front Al-Nosra cité par plusieurs journalistes sur les réseaux sociaux, affirme qu'il n’existe pas de commandant portant ce nom au sein du groupe djihadiste.

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