Kinshasa : un envoyé américain agressé par un député congolais à l'aéroport

Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis.  ©Reuters/Kevin Lamarque
Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis. ©Reuters/Kevin Lamarque

Alors que la capitale de la République démocratique du Congo est le théâtre de violentes émeutes contre le président, les Etats-Unis ne semblent pas tenir beaucoup au maintien au pouvoir de Joseph Kabila, qu'ils poussent vers la sortie.

Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis pour le Congo, se souviendra de son voyage. Un député pro-Kabila l'a violemment pris à partie alors qu'il s'apprêtait à s'envoler de l'aéroport de Kinshasa, où de violents affrontements ont fait des dizaine de morts ce mardi 19 septembre, lors de manifestations appelant Joseph Kabila à respecter le calendrier de l'élection présidentielle.

Le diplomate attendait son avion dans le salon d'honneur de l'aéroport de Kinshasa, quand deux hommes, visiblement très remontés, se sont introduits dans la salle : le député congolais Déo Engulu, du parti de Joseph Kabila, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), et le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, Lambert Mende.

Ce n'est pas aux Etats-Unis de nous dire quoi faire au Congo

Engulu s'en prend alors violemment à Tom Perriello, avec insultes et menaces, hurlant à l'adresse de l'américain : «Ce n'est pas aux Etats-Unis de nous dire quoi faire au Congo !». Le personnel de sécurité de l'aéroport est rapidement intervenu et a évacué l'Américain directement sur le tarmac de l'aéroport de Kinshasa, au pied de son avion, une ligne commerciale régulière d'Air France. Peine perdue, le représentant du peuple congolais a poursuivi le diplomate américain, le couvrant d'injures. Selon des témoins, très menaçant, Déo Engulu était sur le point d'en venir aux mains.

Les Etats-Unis ne veulent pas de Kabila

L'incident est sans doute révélateur des relations tendues entre la République démocratique du Congo (RDC) de Kabila et les Etats-Unis, qui verraient leurs intérêts en RDC portés par d'autres.

En mai dernier, le chef de la diplomatie américaine John Kerry, après une rencontre avec le président en exercice Joseph Kabila, avait désavoué le chef d'Etat congolais, en déclarant que ce dernier devait renoncer à briguer un troisième mandat. «Je crois que [Kabila] a clairement en tête le fait que les Etats-Unis sont intimement convaincus que le processus constitutionnel doit être respecté», avait ainsi estimé en langage très diplomatique le secrétaire d'Etat, qui par ailleurs avait débloqué près de 30 millions de crédits destinés à soutenir des «élections transparentes et crédibles» au Congo.

Le porte-parole du département d'Etat américain, John Kirby, a condamné le comportement du député congolais, dénonçant «l'agression verbale» et «l'obstruction physique» dont a été victime l'envoyé américain.

Lire aussi : Au Soudan du Sud, John Kerry appelle au déploiement de la «force de protection» onusienne à Juba

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