Suisse : les associations de défense choquées par la «rafle» de trois demandeurs d'asile

Centre de demandeurs d'asile d'Onex, canton de Genève
Centre de demandeurs d'asile d'Onex, canton de Genève

La police suisse applique le règlement de Dublin à la lettre. Alors qu'ils venaient renouveler leur demande d'asile en Suisse, trois membres d'une fratrie de Kurdes ont été appréhendés. Les défenseurs pro-migrants déplorent un excès de zèle.

Les associations suisses de défense des migrants dénoncent un guet-apens, une «trahison» et un excès de zèle. Alors qu'ils se rendaient à l'Office de la population et des migrations (OCPM) du canton de Genève, équivalent suisse de l'OFPRA en France, (Office français de protection des réfugiés et apatrides), la police a appréhendé trois demandeurs d'asile kurdes syriens.

«Pendant que plusieurs d'entre nous sommes entrés à l'OCPM pour obtenir un tampon, nous avons appris que des policiers en civil sont allés chercher la fratrie dans une voiture sur le parking», dénonce ainsi, La Tribune de Genève qui cite Nicolas Walder, une des personnes du milieu associatif venues soutenir les trois demandeurs d'asile syrien. «Nous avons vu partir la fourgonnette blanche [de la police] tout cela était planifié !»

Selon l'association suisse «Solidarité Tattes» qui milite en leur faveur, les trois Kurdes syriens ainsi que deux de sœurs sont partis de Syrie, puis passés par la Turquie. Ils avaient ensuite rejoint la Grèce par la mer pour arriver enfin en Croatie, premier pays de l'espace Schengen, où ils s'enregistrent avant de finir leur périple en Suisse.

Si la Suisse ne fait pas partie de l'Union européenne, après un rejet par référendum en 1992, elle a en revanche rejoint en 2008 l'espace de libre circulation dit de Schengen, et à ce titre doit se conformer au règlement de Dublin III.

Anciennement «convention de Dublin», le règlement réformé en 2013 a pour but de «déterminer rapidement l'Etat membre responsable» pour une demande d'asile. Aussi, son application implique de renvoyer un demandeur d'asile vers le pays de la première demande, ce afin d'éviter les demandes multiples.

Tous les Etats dits «Dublin», sont ainsi reliés à la base de données Eurodac, qui permet d'identifier les demandeurs d'asile et de déterminer l'Etat compétent pour traiter la demande.

La question de l'accueil des réfugiés et de l'appartenance à l'espace Schengen divise l'opinion publique suisse. Le 5 juin dernier, les citoyens helvétiques s'étaient ainsi prononcés par référendum à 67 % en faveur de l’accélération des procédures d’examen des demandes d’asile.

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